L’économie américaine a des allures de conquérante. Sortis du marasme de la crise bancaire de 2008, les États-Unis s’en sortent grâce à une volonté d’innovation tous azimuts. Les dix plus grandes compagnies dans le monde sont made in USA, le taux de chômage vient de chuter à 5% et la croissance de la première économie du monde donne le cap au reste de la planète.

Les débats lors des deux dernières élections présidentielles américaines portaient sur la crise financière et l’attitude à adopter face à une économie chinoise transformée en usine du monde. Les discussions portent aujourd’hui sur les moyens de tirer un maximum de ressources de l’innovation. Des fusées repartent à la conquête de l’espace, un président charismatique occupe la Maison-Blanche, la technologie dessine les contours d’une nouvelle frontière et même les voitures font à nouveau rêver. On se croirait de nouveau dans les années 60. Les États-Unis auraient-ils ouvert une nouvelle période de croissance et de prospérité?

Il y a bien sûr les incertitudes liées à une période où l’argent pas cher peut mener à des exagérations, où l’endettement atteint des sommets, où le progrès interroge. Reste qu’il y a peu d’économies aussi résilientes. Et sa base tient cette fois-ci sur la capacité de renouvellement des grandes entreprises du pays. Les Google, Apple, Facebook et autres Amazon témoignent bien sûr de capacités d’innovation exceptionnelles. Mais elles ont aussi atteint un niveau de maturité économique qui les distancie des valeurs technologiques mort-nées de la fin des années 90.

C’est une véritable mise à jour de cette économie qui se produit. Le cas de Tesla – premier constructeur à être coté en bourse depuis Ford en… 1956 – est à ce titre symbolique. Le fabricant de voitures électriques vient de sortir une mise à jour de sa berline qui permet à cette dernière de s’auto-piloter. Tout comme les capacités de votre smartphone s’améliorent régulièrement, c’est votre voiture qui va désormais apprendre tout au long de sa vie, à distance, via une carte SIM. En juin dernier, des pirates avaient réussi à prendre le contrôle d’un des véhicules de la firme. Tesla a sorti quelques jours plus tard une correction du bug pour régler le problème. VW, avec ses millions de véhicules qui doivent retourner au garage, en rêve. De là à dire que l’économie européenne est en réparation alors que celle des États-Unis se met à jour toute seule, il n’y a qu’un pas.

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