Après une première vague pandémique très intense, inédite, qui nous a touchés tant en qualité d’êtres humains qu’à un niveau sociétal, l’été dernier fut marqué par l’aspiration à un retour à la normale légitime après un printemps de restrictions et de privations. Ces espoirs de retour à la «vie d’avant» ont été sévèrement douchés par les mesures de reconfinement partiel prises par les autorités lorsque la tant redoutée 2e vague de covid nous a frappés, à l’entrée de l’automne. Les enjeux avaient-ils été sous-estimés? Avions-nous inconsciemment mis le virus de côté en espérant qu’il ne reviendrait pas, comme une réalité que nous ne voulions pas voir, pas accepter?

Une meilleure lecture de la diffusion du virus et de ses modes de transmission, favorisée par la multiplication des tests, a alimenté de nouvelles craintes de saturation des moyens médico-sanitaires, et des décisions politiques restrictives ont été prises, notamment au motif du «mauvais comportement de la population». Cette stigmatisation a eu pour effet une remise en question, voire un rejet des autorités par une partie grandissante de citoyens, renforçant le fossé entre population et gouvernements. La visibilité accrue du virus a réactivé subitement le sentiment d’anxiété collective, mettant davantage à l’épreuve nos structures décisionnelles. Les autorités ont répondu à cette anxiété élevée par des réponses fortes, qui semblent avoir porté leurs fruits mais pour autant…