Le patron de la Banque centrale américaine a, comme prévu, baissé mardi soir les taux d'intérêt afin de relancer la première économie du monde qui peine à redresser la tête. Toute la question était de savoir si le grand argentier changerait drastiquement de politique monétaire ou s'il ne procéderait qu'à de simples ajustements. Avec une baisse d'un demi-point, la Réserve fédérale (Fed) a souhaité montrer qu'elle ne cédait pas à la pression du marché qui demandait trois quarts de point pour se rassurer dans un contexte où tous les indices piquent du nez. Le légendaire «toucher» d'Alan Greenspan a-t-il fait mouche? Les semaines à venir le diront.

Ce qui paraît sûr, c'est que l'homme le plus puissant des Etats-Unis après le président continue de mener avec le comité monétaire de la Fed une politique en toute indépendance, sans se laisser influencer par les hommes de Wall Street. Alan Greenspan travaille pour l'économie américaine et non pas pour les marchés financiers. Ses changements de cap s'expliquent toujours à la lumière de données économiques (notamment d'indicateurs qui annoncent des tendances futures) et non pas à l'ombre des courbes boursières qui ne disent rien sur l'avenir.

Les autorités monétaires veulent préserver la croissance américaine qui a dix ans ce mois-ci. Pour ne pas gâcher la fête, elles veulent permettre aux banques de prêter à moindres frais aux entreprises et aux particuliers afin de soutenir l'activité. Mais il est exclu qu'elles lâchent complètement la bride à ceux qui ont pour métier d'investir en Bourse.

Reste que le monde traverse une crise boursière sans précédent. Sur une période longue, la plupart des indices internationaux ont connu une chute qui n'avait jamais encore été enregistrée durant les krachs passés. Mais l'économie américaine soutient toujours vaillamment le siège des mauvaises nouvelles. Grâce aux baisses de taux, elle pourrait même redonner des signes tangibles de reprise dès le deuxième semestre. C'est le message d'Alan Greenspan pour «son» anniversaire: tenez bon, et revenez à la fête l'année prochaine.

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