Dans un ouvrage publié par la Chancellerie fédérale en 2018, Paul Widmer, ancien ambassadeur et professeur à l’Université de Saint-Gall, percevait trois dangers susceptibles de menacer la démocratie: la centralisation accrue du pays; l’internationalisation du droit qui pose le problème de la compatibilité de nos procédures démocratiques avec des mécanismes juridiques établis en dehors de nos frontières nationales; et, enfin, un effritement possible de la cohésion sociale.

Toute démocratie se trouve en effet en péril dès lors qu’une certaine homogénéité sociale n’est plus présente. Se pose ainsi la question des inégalités dans nos sociétés modernes: leur expansion présumée creuse-t-elle la tombe des démocraties? Pour l’économiste Thomas Piketty, la réponse ne fait aucun doute. Et pour celui qui a fait du dépistage des inégalités à travers l’histoire le fondement de son combat égalitaire, l’avènement d’une justice authentique dans les processus économiques, par le biais d’une réduction des inégalités entre les patrimoines, passe par une désacralisation de la propriété privée.