Revue de presse

La légende de Metallica va habiter Palexpo ce mercredi soir

Le mythique groupe californien débarque à Genève devant 22 000 spectateurs. Retour sur une formation qui fait un tabac depuis bientôt quarante ans

Tous aux abris? Vingt-deux mille personnes sont attendues ce mercredi soir à Palexpo-Genève pour la venue des musiciens que la Tribune et 24 heures qualifient de «légende du trash californien». A cette occasion, «pour la première fois en Suisse», des billets nominatifs ont été émis pour ce concert qui fait événement, celui du mythique groupe de heavy metal Metallica. «La mesure s’inscrit dans le cadre de la difficile lutte contre le marché gris», explique la RTS. Cela n’a pas manqué de faire polémique car, «autorisée sur le principe de la liberté de commerce», elle «prend toujours plus d’ampleur» et des abus «sont fréquemment dénoncés».

Même le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD) s’en est mêlé, qui est «intervenu à plusieurs reprises au parlement»: «Ce genre de mécanisme nuit à l’image des organisateurs de spectacles mais aussi à l’image des artistes, relève-t-il. Et en fin de compte, les consommateurs se retrouvent souvent les dindons de la farce s’ils ont payé à des prix très élevés des billets qui ne leur donnent même pas accès à de bonnes places.» S’en soucient-ils, les fans? Pas trop, semble-t-il:

Le politicien «souligne que ce marché gris fonctionne dans un cadre très opaque et nuit à l’ensemble de la branche économique». Ce qui n’empêche pas que Metallica soit très attendu par beaucoup de gens qui n’ont pas grand-chose à faire de ces considérations bassement financières et vivront à Genève leur grand-messe comme partout ailleurs où se pointent ces quatre gars-là:

Alors foin de cette peste, et place maintenant au vacarme. La RTS, dans un autre article, s’exclame: c’est «le plus grand concert indoor de Suisse!» Michael Drieberg a de quoi être enthousiaste, reconnaissant, même. Il a d’ores et déjà remporté son pari. […] Le patron de Live Music Production souligne que les billets pour le concert […] se sont très vite écoulés, sans publicité» pour cette «affiche hors norme». Mine de rien – on l’oublie peut-être – le groupe a vendu davantage de disques que Prince, Beyoncé, les Bee Gees ou Bob Dylan.

Lire aussi: Michael Drieberg, parcours d’un combattant

Pour ce Worldwired Tour, Metallica «a développé une scénographie originale: la scène est au centre de la salle, le public tout autour. La formation alterne ses placements durant le show. Les écrans géants sont suspendus au plafond» et «une trentaine de drones développés par la start-up Verity Studios à Zurich s’envolent dans une chorégraphie lumineuse»:

Toujours «pour lutter contre le marché noir», l’organisateur a gardé 2000 billets qu’il met en vente en dernière minute sur Ticketcorner. C’est ce que dit Le Nouvelliste, sûr qu’il y aura ce mercredi soir «beaucoup de Valaisans» à Palexpo: «Des bus ont même été organisés depuis le canton pour rejoindre le bout du lac.» On se réjouit de les voir arriver, car on les sait très amateurs de ces riffs-là:

«Taillé dans l’acier», comme le disait déjà en 1993 Le Nouveau Quotidien, Metallica, c’est donc du hard rock. Et «l’arme absolue contre le hard rock, c’est le hard rock», s’en amusait Thierry Sartoretti dans le même journal une année plus tôt, considérant qu’il fallait offrir un disque de hard rock au fiston de 14 ans qui nous les brise avec «Kill’em all» de Metallica. «Et choisissez le pire: il en sera dégoûté à vie», proposant ainsi Twisted Sister, dont la devise était: «Ressembler à des gonzesses, causer comme des mecs et jouer comme des salopards.» CQFD, il y a à boire et à manger dans ce sous-genre musical que Metallica, au cœur des années 1990, pouvait qualifier de «merde métal» comparé à ce qu’eux proposent, dans le genre haut de gamme… Mais on a affaire à un menu sonore de vrais «salopards», quand même:

Aujourd’hui, ça les ferait un peu rire, tout ça, sans doute. Alors «dites bonjour à Carl!» lance le chanteur et guitariste de Metallica, James Hetfield, «en entrée de jeu d’un court documentaire publié sur la page Facebook du groupe», nous apprend le site du Huffington Post Québec. Dans ce film, on mesurera bien le temps passé depuis la création de Metallica (en 1981!), en voyant que «la nouvelle guitare de l’artiste a été fabriquée à partir de planches de bois du garage du 3132 Carlson, dans la région de San Francisco, où le groupe habitait et travaillait au début de sa carrière».

Hetfield a «amené les planchers à son luthier préféré, Ken Lawrence, qui a créé la guitare». Il savait «qu’il pourrait travailler ce bois», il voulait «qu’elle soit rustique, […] qu’elle soit comme le garage. […] Il n’y a pas d’écharde, mais tu sens le bois, tu sens le grain. Ça rappelle les sillons du vinyle.» Et cette qualité de son-là, ça vous place, au passage, au 61e rang des 100 meilleurs artistes musicaux du monde, classement établi par le magazine Rolling Stone en 2010.

«Nobélisés» pour leur musique

Et rappelons enfin pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus de l’HÉNAURME qualité de cette musique que le Polar Music Prize, créé en 1989 par le défunt Stig Anderson – connu pour avoir été le manager du groupe suédois ABBA – et souvent surnommé le Nobel de la musique, a récompensé cette année un institut de musique afghan où a été créé le premier orchestre 100% féminin de ce pays déchiré par la guerre depuis 1979, ainsi que… Metallica, lit-on sur le site Franceinfo. Marie Ledin, la directrice générale du prix, a signalé à cette occasion que si l’école de Kaboul a travaillé à «ramener la puissance et la joie de la musique dans la vie des enfants, Metallica est aimé et admiré par des millions d’amateurs de hard rock dans le monde entier».

Belle reconnaissance pour ce quatuor qui demeure «l’un des plus influents groupes de heavy metal et ses guitares lourdes et agressives [qui] ont mis cette musique à la mode depuis des décennies». Son batteur, Lars Ulrich, a d’ailleurs fait remarquer à l’occasion de la remise du prix que lui et ses compères se sentaient «tout jeunes avec encore un tas de bonnes années» devant eux, après que le groupe eut sorti en 2016 son dixième album studio, Hard Wired… to Self-Destruct.

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