Hexagone Express

De l’Elysée à l’OTAN, le fantôme du Général de Gaulle

OPINION. A la veille du mouvement social que va connaitre la France ce 5 décembre, Emmanuel Macron a dit, à Londres, assumer le «mauvais rôle» en interrogeant l’OTAN et son avenir. Une posture puisée dans le registre d’absolue souveraineté du général de Gaulle. Mais avec quelle crédibilité?

Un fantôme plane sur l’Elysée: celui du général de Gaulle. En dénonçant la «mort cérébrale» de l’OTAN avant le sommet du 70e anniversaire de l’Alliance qui vient de s’achever à Watford, près de Londres, Emmanuel Macron a renoué avec une tradition française. «C’est la vocation historique de la France» de poser de telles questions, a-t-il d’ailleurs justifié lors de sa conférence de presse, durant laquelle il s’est félicité de la prochaine réflexion stratégique que les 29 pays alliés ont promis d’engager, à l’article 7 de leur communiqué final. Soit. Mais pour obtenir quoi et avec quel levier?

Dans les années 1960, appuyé sur l’héritage de la France libre, Charles de Gaulle avait frappé fort en décidant de sortir du commandement intégré de l’OTAN, et de fermer les bases américaines dans l’Hexagone. Le commandement de l’Alliance avait alors déménagé de la banlieue parisienne (à Rocquencourt, dans les Yvelines) pour prendre ses quartiers en Belgique. La divergence était actée. Sauf que la France de l’époque profitait à plein de deux réalités.