Je ne me souviens pas de ma première visite au Musée de l'Elysée. Cela devait être dans la seconde moitié des années 1980, peut-être en famille, peut-être dans le cadre d'une visite scolaire vu que j'étais élève au collège du même nom. Ce que je sais, pas contre, c'est que j'ai toujours eu un attachement particulier pour ce lieu un peu hors du temps, entouré d'une belle campagne et dominant le lac, et que j'ai toujours visité en voisin, n'ayant jamais habité à plus de 3 kilomètres de là. Le Musée de l'Elysée, c'est certain, m'a aidé à aiguiser mon regard, à contribuer à ma vive appétence culturelle.

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Ce week-end, les Lausannois ont dit au revoir à la belle demeure du XVIIIe siècle qui l'abrite depuis quarante ans – on a parfois tendance à oublier qu'un Cabinet des estampes a d'abord occupé les lieux, avant que le musée ne se soit dédié à la photographie en 1985. La dernière exposition visible à l'avenue de l'Elysée, reGeneration4, est consacrée à la relève; c'est une forme de pari sur demain. Symboliquement, le geste est fort. Pas de mélancolie passéiste, de rétrospective facile. Plutôt l'envie de dire que rien n'est fini, que tout commence.

Ouverture d'un salon virtuel

Dans vingt et un mois, en juin 2022, le Musée de l'Elysée, qui aura peut-être entre-temps changé de nom, rejoindra le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne sur le site de Plateforme 10, dans un bâtiment qu'il partagera avec le Mudac – Musée de design et d’arts appliqués contemporains. Il bénéficiera alors d'un somptueux écrin, d'une surface d'exposition doublée, d'un outil de pointe. Mais dans l'attente d'une inauguration qui sera comme une renaissance, que vont faire ses équipes? Car forcément, déménager une telle institution implique une logistique au cordeau. Il y a les collections à reconditionner, les expositions itinérantes à organiser, la future programmation à mettre en place ou encore une médiation culturelle à assurer, afin de ne pas perdre le lien avec le public.

Tatyana Franck, directrice de l'Elysée: «Le musée déménage mais gardera le contact avec le public»

Dans cette idée de lien à préserver, le Musée de l'Elysée a décidé de s'associer avec Le Temps. Dimanche en fin de journée, au moment où ses espaces physiques seront plongés dans la pénombre, un salon virtuel prendra le relais: L'Elysée hors champ. Derrière ce titre en forme de promesse, on vous montrera ce qui d'habitude est caché, on vous parlera des coulisses du déménagement, du bâtiment en cours de construction, de l'histoire du musée et de celle de la photographie. La rédaction en chef de ce journal en ligne est assurée par Le Temps, en toute liberté éditoriale, rôle que j'ai le privilège d'assurer… une trentaine d'années après ma première visite à l'Elysée.


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