Une alliance gagnant-gagnant entre le monde sportif et celui de l’économie. Une volonté de travailler ensemble affichée, au-delà des clivages gauche-droite, par l’ensemble des élus de Paris et de la région Ile-de-France. Un tremplin sans pareil pour la marque France, et pour l’attractivité touristique et commerciale de l’Hexagone face à la concurrence de Los Angeles et des Etats-Unis. Un hommage à l’histoire, cent ans après les JO parisiens de 1924.

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Mises en avant par le comité d’organisation de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de l’été 2024, ces caractéristiques ont convaincu sans peine Emmanuel Macron, attendu dès ce lundi après-midi à Lausanne pour le premier grand oral d’évaluation du CIO, qui aura lieu mardi matin. Une décision audacieuse, à quelques mois de l’approbation finale, le 13 septembre prochain à Lima, au Pérou. Une décision emblématique, surtout, de la volonté du nouveau président français d’œuvrer, aux côtés du triple champion olympique Tony Estanguet, à ce qui apparaîtra, en cas de victoire parisienne, comme un superbe succès collectif.

Le choix du locataire de l’Elysée de faire le déplacement sur les bords du Léman, charriant avec lui sa forte notoriété médiatique, n’est pourtant pas sans risques. Les dérapages budgétaires récurrents des villes candidates, le mécontentement d’une partie de la population parisienne et les aléas politiques souvent corollaires de l’organisation des JO (retards des chantiers, risques de corruption, scandales de dopage…) sont des réalités que personne – et certainement pas un président tout juste élu, accusé de faire le lit du libre-échange et des multinationales – ne peut ignorer.

Venir à Lausanne, puis à Lima, pour défendre la candidature de Paris 2024 n’est donc pas neutre. On se souvient qu’en 2005, à Singapour, l’échec de Jacques Chirac face à Tony Blair – avocat couronné de succès du dossier Londres 2012 – avait très vite viré au procès d’une France assoupie face au «Cool Britannia».

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Le fait qu’Emmanuel Macron ait, dès le lendemain de son investiture, choisi de s’impliquer personnellement démontre en fait sa conception de la politique. Pour ce haut fonctionnaire et banquier féru de tennis propulsé à l’Elysée sans avoir été jamais élu auparavant, la performance et la compétition sont des réalités non négociables. Tandis que le sport reste, avec l’éducation davantage reliée au monde de l’entreprise, le meilleur moyen de transcender les clivages sociaux et de remettre en marche l’ascenseur de la méritocratie républicaine.

Faire gagner Paris, et faire reconnaître la France comme un acteur majeur de l’olympisme, est pour son chef de l’Etat, bien plus qu’une affaire de candidature. Il s’agit, comme il l’a fait lors de la campagne présidentielle, d’offrir aux Français un autre miroir que celui de leurs échecs et de leurs divisions. Tout en prenant habilement rendez-vous – pour 2024 comme pour 2028 – au-delà de son quinquennat. Donc, déjà… pour un second mandat.

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