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La première séquence de la centième, avec le paysan Ignacio Chollet de Bottens.
© Martial Trezzini/Keystone

Revue de presse

L’émission «26 minutes» s’est autocélébrée avant de mourir sous les vivats

Sur RTS Un samedi soir, les deux Vincent, Kucholl et Veillon, avaient ajouté 74 minutes à leur quota hebdomadaire. Pour un enterrement pas toujours de première classe

Et voilà. C’est fini. Ce samedi, l’émission d’humour phare de la RTS 26 minutes a soigné son clap de fin en offrant un grand show des deux Vincent, Veillon et Kucholl (visible ici en replay). Autocélébration de près de deux heures en direct, ce 100e et dernier numéro s’est achevé par une standing ovation à laquelle a assisté 24 heures: «Cinq cents personnes debout dans le studio 4 de la RTS à Genève, acclamant» les deux héros de la soirée, «tandis qu’ils tombaient dans les bras, un par un, de chacun des membres de leur équipe». En larmes, en joie, en éclats de rire, pour une fête conclusive tout de même un peu longuette.

«Finalement, vous êtes chiants»

D’ailleurs, ces «deux garçons ne devaient […] pas être toujours faciles à côtoyer», poursuit le quotidien vaudois. «Finalement, vous êtes chiants», leur a même balancé le faux distingué Fred Valet «après la diffusion de leur portrait, dans ce qui restera comme la première séquence de l’histoire de l’émission qu’ils n’ont pas pu valider». D’ailleurs, «ce perfectionnisme et cette volonté de tout maîtriser sont des éléments clés de leur succès», quoique les personnages et les thèmes récurrents constituent aussi des valeurs sûres qui confortent le téléspectateur dans un univers très familier, même après trois ans seulement d’antenne.

Parmi eux, le lieutenant-colonel Karl-Heinz Inäbnit, la parodie Game of Rhône et la galerie de clowns régionaux incarnés par Kucholl. Et tous les autres, l’odieux diacre de Chastavel ou l’inénarrable économiste indien Rajiv Patel. Les retrouvera-t-on à la rentrée 2018, après la tournée du spectacle Le Fric? Rien n’est moins sûr, car ce n’est pas toujours dans les plus vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes, et celles-ci auraient sans doute besoin d’un coup de torchon pour renouveler un concept de toute manière suspendu à la votation sur «No Billag».

«No Billag», la mauvaise blague

A la mi-novembre, une page Facebook soutenant l’abolition de la redevance radio-TV s’était d’ailleurs attiré les foudres des deux humoristes dans Le Matin Dimanche. Elle assurait que les deux stars de 26 minutes soutenaient l’initiative. Ses auteurs, contactés par Vincent Kucholl puis par le journal dominical, avaient revendiqué leur droit à la caricature, indiquant que tout était «parti d’une blague». Mais, menacés de poursuites, ils avaient finalement supprimé le post. Ce ne fut pas le moment où les deux vedettes ont fait preuve de leur plus grand humour.

Samedi soir, comme le relève Le Matin au sortir de ce week-end sur deux pages en «coulisses», l’épouvantail «No Billag» a d’ailleurs souvent été évoqué. Jusque dans un sketch de monde post-apocalyptique mettant en scène «la pertinence de payer ou non pour des services qu’on n’utilise pas toujours» et où Veillon jouait «un personnage qui voit son crédit s’amenuiser à mesure qu’il utilise le trottoir, qu’il écoute de la musique ou prend l’ascenseur».

Au bout du compte, plus de cent minutes avec un interminable final, c’était peut-être trop: «Quelques longueurs» et «des impros pas toujours très marrantes», pense le quotidien orange, ponctués de cette scène un peu inattendue mais poussive, où l’invité vedette Stan Wawrinka s’est permis un geste politiquement peu correct en apportant une bouteille de vin blanc valaisan pour trinquer en direct: «C’était leur dernière, il fallait faire quelque chose de différent.»

A l’avenir, il faudra donc peut-être «faire quelque chose de différent», oui, sinon l’épuisement du filon guette, qui consistait en ce fragile équilibre entre absurdité, goguenardise, imitation et salacité, lui-même déjà hérité d’un concept radiophonique assez similaire. Une intervention disputée sur la page Facebook de l’émission le laisse entendre sans trop de finesse, mais avec une espèce de gentille cruauté qui pose tout de même quelques questions:

Ce qui n’empêche pas beaucoup d’autres internautes d’avoir déjà des regrets en attendant une nouvelle formule: «Pour une fois qu’il y avait une émission drôle sur la TSR, ça s’arrête, dommage», dit l’un. «Merci pour ces trois ans de rigolades! A bientôt, j’espère!» enchaîne un autre. «Je suis admirablement converti par la dérision de 26 minutes, 100, ce n’est pas une fin, une nouvelle naissance, je l’espère», écrit encore un troisième fan.

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