Commençons par demander à chacun de bien vouloir parler vrai. Cessons d’emboîter le pas aux Chinois en évoquant leur parti «communiste». C’est une fiction. La Chine est une dictature, avec un parti unique. Il fut un temps où le vocable «communiste» avait un peu de sens, puisque le pays tendait à un certain égalitarisme. Il n’en est plus question. Cet Etat aligne 389 milliardaires déclarés! Et 4 millions de millionnaires en euros. La Chine est aujourd’hui un pays de classes: des ultra-riches, une classe moyenne supérieure qui s’offre, entre autres, des montres de luxe et qui fait la queue devant les boutiques Louis Vuitton. Une masse de travailleurs dont les salaires sont presque comparables à ceux des Européens. Et un grand réservoir de pauvres dans les campagnes, les régions excentrées. L’Etat et l’armée sont imbriqués dans les affaires, propriétaires d’une partie du système avec une hiérarchie, une nomenklatura, une bonne partie du pouvoir et de l’argent. Mais où est le collectivisme, le communisme? Nulle part.

On a l’impression que la Chine, c’est Pékin. Pas seulement. Si, à l’extérieur, nombre de Chinois aspirent à la démocratie, ces gens restent avant tout profondément nationalistes, au sens large. Même s’ils n’adhèrent pas pleinement au pouvoir continental et son 1,3 milliard d’habitants, il faut tout de même ajouter 80 millions de compatriotes d’ailleurs! Taïwan, l’ancienne Formose, c’est 24 millions d’habitants. Singapour, principalement chinois, plus de 5 millions d’habitants. Hongkong, qui a une autre monnaie que Pékin, qui reste semi-indépendante pour les finances et les échanges, compte plus de 7 millions d’habitants. Et la fameuse diaspora chinoise représente 50 millions de personnes!