Mon Europe

L’enfer des jeux de hasard en ligne

Le divertissement s’est transformé en comportement maladif pour des milliers d’Européens. Bruxelles veut s’impliquer

Jouer au poker entre amis connectés en ligne peut être une partie de plaisir. Mais lorsque les jeux du hasard sur Internet deviennent des jeux d’argent, bonjour les risques de dégâts.

En 2008, cette activité de divertissement tout à fait légale pesait 6,16 milliards d’euros en Europe et, selon les estimations de l’UE, ce sera 13 milliards en 2015. L’accès aux technologies (smartphones, tablettes et télévisions numériques) étant de plus en plus facile , le nombre d’adeptes ne cesse de croître. Avec 7 millions de joueurs, l’Europe représente 45% du marché mondial des jeux de hasard en ligne pour l’argent. Mais une infime partie d’entre eux, entre 0,1% à 2,2%, développe un comportement maladif du jeu. Ce sont tout de même plusieurs milliers de personnes pour qui le divertissement s’est transformé en dépendance pathologique.

Pas besoin de le dire, les enfants et des adolescents sont les plus vulnérables. Pour les familles touchées par ce mal des temps modernes, c’est l’enfer. La responsabilité des opérateurs est difficile à engager, surtout lorsque ces derniers opèrent à partir d’un territoire étranger. Beaucoup d’entre eux sont en effet basés en Asie.

La Commission européenne s’est déjà saisie du problème en 2012. Elle a fait un pas de plus cette semaine en publiant une recommandation aux Etats, au nom de la protection de jeunes. Dans le langage technique de l’Europe, il ne s’agit pas d’une directive, qui peut prendre un temps fou pour passer la rampe du Conseil et du Parlement. Cette recommandation tombe bien. Plusieurs Etats préparent actuellement leur législation en la matière et pourraient s’en inspirer.

En gros, le compte d’un jeune joueur doit pouvoir être transparent, à charge de l’opérateur de vérifier son âge et son identité. C’est à lui de suivre le comportement du joueur et de tirer la sonnette d’alarme le cas échéant. Les jeunes accros doivent pouvoir bénéficier de services de conseil. L’UE appelle aussi à surveiller les messages racoleurs des opérateurs qui parrainent des événements populaires.

Justement pour la petite histoire, l’un des principaux sponsors du Mondial 2014 au Brésil sur une grande chaîne de télévision européenne était, aux côtés d’une marque d’automobile et d’une société de cartes de crédit, un opérateur de jeux de hasard en ligne…

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