Des malentendus, l’ignorance mutuelle et la manipulation politique accentuent un fossé entre les urbains de plus en plus écologistes et la majorité des agriculteurs. Ne nous trompons pas, l’ennemi n’est ni celui qui répand les pesticides ni celui qui veut en interdire l’usage.

C’est un non-sens d’intoxiquer la biosphère dont nous sommes les hôtes ainsi que notre alimentation, donc notre santé. Les haies disparaissent et avec elles les insectes pollinisateurs et les oiseaux. L’usage des pesticides non seulement appauvrit les sols, empoisonne l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons, mais il participe d’une agriculture contribuant à l’urgence climatique. Les responsables ne sont pas les paysans, qui en sont aussi les victimes, mais la politique agricole, l’agrochimie, la grande distribution qui, s’assurant des marges éhontées, effondre les prix offerts aux producteurs pour leur travail; et finalement nous, consommateurs, qui dépensons problématiquement dans la bagnole, un nouveau téléphone portable chaque année, des fringues portées une fois, plutôt que dans une alimentation de qualité méritant son prix. Pour vivre, nous pouvons nous passer de beaucoup de choses mais pas de nourriture.