Opinion

La lente adoption des réseaux sociaux par les villes suisses

OPINION. En Suisse, l’adoption d’un réseau social prend du temps et son utilité est parfois encore jugée marginale, souligne Raphael Zumofen de l’Université de Lausanne sur la base d’une enquête qu’il vient de réaliser dans 147 villes du pays

Les réseaux sociaux sont devenus un outil de diffusion de l’information largement utilisé par de nombreux acteurs. Du côté des villes suisses, l’adoption apparaît cependant plus lente et fastidieuse. Alors que la jeune génération s’informe de plus en plus via ces nouveaux canaux de communication, de nombreuses villes privilégient encore des formes de communication plus traditionnelles. Nous exposons ici un aperçu des statistiques marquantes issues d’une base de données constituée en novembre 2018 dans 147 villes suisses de plus de 10 000 habitants*. A travers ces chiffres et quelques explications, il est possible de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir.

Tout d’abord, il ressort que 46 villes ne sont inscrites sur aucun réseau social. Ce chiffre serait impensable outre-Atlantique où la présence sur les réseaux sociaux, même dans des petites localités, est très répandue. Rappelons que ces réseaux comportent les avantages non négligeables de permettre l’interaction et le débat mais également le recensement des attentes citoyennes. Ces quelques propriétés spécifiques sont donc des avantages indéniables que de nombreuses villes suisses sont en incapacité de pleinement exploiter actuellement. Une ville absente de Twitter ou Facebook passe donc aujourd’hui à côté d’une mine d’informations utiles.