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Leonard Cohen pleure lors d'un hommage à Gijon, en Espagne, en 2011.
© ELOY ALONSO

Revue de presse

«Leonard Cohen chanterait pour tous ceux qui essuient leurs larmes»

La star montréalaise balayée «dans le contrôle total de son art»: les médias canadiens s’y attendaient, mais sa disparition a enfin libéré toutes les émotions

«Leonard Cohen est parti rejoindre sa muse», décédé jeudi à l’âge de 82 ans. Car «nous sommes arrivés au point où nous sommes si vieux» que «nos corps tombent en lambeaux, et je pense que je te rejoindrai bientôt. […] Sache que je suis si près, derrière toi, que si tu tends la main tu peux atteindre la mienne. […] Je veux seulement te souhaiter un très beau voyage. Au revoir, ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin.»

«Le Devoir» rappelle ces paroles prémonitoires qui ont tout récemment tourné en boucle dans les médias, lors de la sortie de son dernier disque, You Want It Darker, «acclamé par la critique il y a trois semaines à peine.» Elles étaient pour Marianne Ihlen, cet été: «La vie, pour lui comme pour elle, s’achevait.»

Une «personnalité complexe, enclin à la dépression et à une profonde mélancolie, qui a stimulé et habité son œuvre», dit le quotidien montréalais: «Un rythme lent, mais toujours fécond. Avec des pauses et des absences. Avec aussi des phases musicales fort différentes.» Entre «les amours écorchées, un érotisme latent et de multiples références religieuses et mystiques», elle «ne manque pas d’assises durables. Mais on retiendra peut-être surtout du corpus la beauté pure de certaines phrases.»

Lire aussi: Le musicien canadien Leonard Cohen est mort

«Après David Bowie et Prince plus tôt cette année, le monde de la chanson a» donc «encore perdu un monument. […] C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons que le poète légendaire, auteur-compositeur et artiste Leonard Cohen, est décédé», pouvait-on lire sur sa page Facebook, que relaie «Le Journal de Montréal»: «Nous avons perdu l’un des visionnaires les plus vénérés et les plus prolifiques de la musique. Un mémorial aura lieu à Los Angeles à une date ultérieure. La famille demande [le respect de sa] vie privée au cours de cette période de deuil.»

Lire aussi: La sobriété sombre de Leonard Cohen

«Quelques minutes après l’annonce» de sa mort, raconte un autre article du «Devoir», «des dizaines d’amoureux de sa musique se sont réunis spontanément au parc du Portugal à Montréal. En bordure […], sur les marches menant à la porte de sa résidence de la rue Vallières, ses admirateurs déposaient des bougies et des fleurs pour lui rendre hommage. Sa mort n’a pas surpris ses fans, qui connaissaient son âge et son état de santé. Mais l’annonce a libéré les émotions.»

Lire aussi, sur «Hebdo.ch»: Leonard Cohen, noir de monde

Et d’ajouter: «Si Cohen était là, il pourrait chanter «Chelsea Hotel #2» à ceux qui essuient leurs larmes, la face rougie: «We are ugly but we have the music» («Nous sommes laids mais nous avons la musique»). Un homme s’approche quand la masse de gens s’est faite plus dense, une guitare entre les bras. Il entonne «Dance me to the end of love» et tous chantonnent. Cannettes à la main, un couple se serre.»

«Leonard Cohen balayé dans le contrôle total de son art», titre pour sa part le «Toronto Star». Dans une interview extrêmement rare accordée au «New Yorker» pour marquer la sortie du dernier album, il disait n’avoir «rien fait pour en dissiper le malheur et la tristesse» («the doom and gloom»)Comme David Bowie qui avait livré «un testament définitif, similaire, et d’une puissance émotionnelle rare avec l’album Blackstar, «Cohen a mixé ce disque de l’au-delà avec une maîtrise» qui dépasse l’entendement.

Le producteur Michel Brazeau, interrogé par «Le Soleil», «se souvient de sa première rencontre avec l’auteur de «Hallelujah» et de «Suzanne», lors du premier spectacle qu’il avait organisé avec lui au Grand Théâtre de Québec dans les années 80. «Il devait monter sur scène à 20h et à 19h55, il est allé me chercher et m’a demandé de venir avec lui dans sa loge», raconte-t-il. «Il m’a dit qu’il était stressé avant de monter sur scène et que j’allais devoir l’aider. Il m’a dit: «Assieds-toi», et il a sorti une bouteille de tequila. Il nous a servi des shooters et on en a bu… Après trois shooters chacun, il m’a dit qu’il était prêt à monter sur scène. Il y est allé et il a donné un show mémorable.»

Et comme dernier hommage, qu’imaginer de mieux que cette vidéo, vue «plus de 16 millions de vues en six jours». Une reprise de la chanson «Hallelujah», justement, par le groupe Pentatonix qui «connaît un succès fulgurant», à en croire «Le Huffington Post Québec». «Le groupe texan, spécialisé dans les reprises a cappella, a revisité le classique de Leonard Cohen, écrit en 1981. Ils l’ont ensuite diffusée sur YouTube vendredi 21 octobre.». Un festival de solos frissonnants» et «de grandes envolées», comme pour dire:

«So long, Leonard.»

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