C’est ce dimanche 25 octobre que se terminera le synode que le pape François a convoqué à Rome, consacré à la «vocation et à la mission de la famille dans l’Église et le monde contemporain».

On sait ses participants partagés. Il y a l’aile conservatrice (où les prélats africains pèsent de tout leur poids) qui voudrait que rien ne bouge et surtout pas le statut des divorcés remariés, ni celui des concubins, sans parler ici de l’accueil des homosexuels. Il y a l’aile progressiste qui voudrait que l’Église prenne en compte le monde réel, se fasse plus accueillante, bouge ses lignes. Sans remettre en question les grands fondements. Le pape les a rappelés: pas question de discuter de l’indissolubilité d’un lien conjugal, le mariage, qui unit UN homme et UNE femme. Voilà pour le cadre, il est clair. C’est la pastorale, elle, qui devrait être à géométrie variable.

Le moins que l’on puisse dire, à deux jours de la clôture de ce synode, c’est que les manœuvres et les coups bas ont produit autant d’étincelles que la sereine discussion théologique souhaitée. Au chapitre des manœuvres, le premier à ouvrir la marque a été ce Monsignore membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a choisi la veille de l’ouverture solennelle du synode, pour faire son coming out urbi et orbi. La Curie n’a jamais été aussi rapide à sortir la foudre.

Le surlendemain, c’est le camp conservateur qui plante un poignard dans le dos de la collégialité en laissant fuiter une lettre au Saint-Père que treize cardinaux auraient signée et qui s’émeut de la place accordée aux divorcés remariés. Tout en se plaignant de la méthode de travail adoptée par l’assemblée. Le trouble s’installe.

Et voici que dans la nuit du 20 au 21 octobre un quotidien bien informé de la Péninsule lâche un scoop sur la santé du pape: il serait atteint d’une tumeur à la tête. La Curie monte aussitôt au filet, dément sèchement, s’offusque. Tandis que les observateurs s’interrogent: d’où vient et à qui peut bien profiter cette rumeur qui laisse entendre que le pape n’aurait plus intactes toutes les facultés de son cerveau?

Un synode, c’est le moment d’un affrontement des idées et des convictions, dans une atmosphère franche mais bienveillante, faite de charité et d’amour. Voici pour la théorie. Dans la pratique, l’esprit saint va vraiment devoir ruser pour que ce synode, au-delà des misérables intrigues humaines, accouche d’une pastorale digne des hommes et des femmes que l’Église prétend conduire.

Une pastorale qui sera centrale aussi pour reconquérir les bancs laissés vides par des fidèles de plus en plus désorientés par une doctrine où l’on peine parfois à reconnaître ce qui devrait la mouvoir en son cœur: la charité.