«Seul le Conseil fédéral peut prendre des mesures susceptibles d'améliorer la situation à court terme!» Ce cri poussé mardi vient-il d'une banque ou d'une compagnie d'assurances en difficulté? Pas du tout, c'est celui de l'économie réelle.

Les «barons» de l'électricité associés aux grands industriels du pays veulent que le gouvernement agisse dans l'urgence. Un nouveau plan de sauvetage en quelque sorte. Pas de panique! Il n'en va que du prix de l'électricité, qui, jusqu'à nouvel avis, est fixé librement par tous les maillons de la chaîne électrique et non par décret gouvernemental. Le réflexe de l'économie de faire appel à Maman Helvetia dès qu'un problème se pose sur le marché a très vite été pris.

Les donneurs de leçons d'hier sur les effets baissiers de la concurrence, ceux qui ont contribué à forger une loi sur l'ouverture du marché de l'électricité à leur convenance, viennent aujourd'hui pleurer dans le gilet de la Confédération. L'Etat est rendu responsable, face à l'opinion publique, des hausses abusives du prix de l'électricité. C'est un comble. Enlever quelques virgules dans une ordonnance du Conseil fédéral ne changera pas la mentalité qui a incité chaque maillon de la chaîne à interpréter la loi de manière à gonfler la facture. Du producteur, qui vise le marché international juteux, au distributeur alléché par un timbre surfait, en passant par la commune qui prélève sa dîme électrique, tout le monde s'est servi. Sans réfléchir aux conséquences pour les autres.

Une table ronde de la transparence sur le thème de la composition détaillée du tarif, avant et après la hausse, afin de corriger les abus, serait plus efficace que les jérémiades d'economiesuisse envers l'Etat, désigné nouveau pilier de l'économie.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.