Hexagone Express

L’«Etat profond», fantôme de l’acte 2 du quinquennat

OPINION. Emmanuel Macron n’a pas seulement convolé en quasi-mariage diplomatique avec Donald Trump lors du sommet du G7 de Biarritz. Il a repris, dans plusieurs de ses interventions, la formule d'«Etat profond» («deep state») chère au très populiste président américain. Mais quel est ce fantôme républicain? La police? La haute administration?

Difficile de ne pas relier l’accusation portée par Emmanuel Macron contre «l’Etat profond» qui, en France, résisterait à ses réformes, aux harangues antisystèmes et anti-«deep state» de Donald Trump. La paternité de la formule revient au populiste président américain qui a l’art de brandir cette expression fourre-tout devant n’importe quel public. Pour Trump, le «deep state» est le rassemblement de tous ceux qui, au sein de l’administration américaine, se liguent pour lui résister. L’idée de «profondeur» est là citée comme synonyme d’enracinement presque illégal, imperméable aux élections et aux fluctuations de l’opinion. C’est tout ce que Trump déteste: les technocrates armés de convictions contraires aux siennes. Le «deep state» est surtout démocrate. Il s’agit d’un Etat qui, selon Trump, se sert avant de servir la population… et d’obéir aux électeurs.

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