Un été 2020 bercé par l’illusion du covid disparu. Un cru 2021 noyé sous des pluies torrentielles et des mesures sanitaires très contraignantes à une saison qui porte plutôt à l’insouciance et à la relaxation… Et voici qu’en 2022 une guerre aux portes de l’Europe entrée dans son cinquième mois d’hostilités vient plomber l’ambiance à l’heure de l’apéritif sous la tonnelle. Sans compter cette maudite inflation galopante et une industrie touristique et du voyage qui peine lourdement à sortir de ces deux ans de disette, entre pénurie de personnel et grèves.

Au sein des rédactions, l’été constitue pourtant une belle occasion de sortir des sentiers battus d’une actualité déprimante et de faire œuvre d’imagination pour tenter de rendre le monde un peu meilleur aux yeux des lecteurs qui continuent à travailler pendant que la majorité se royaume. De satisfaire celles et ceux qui, avides d’évasion et de baume sur les plaies de la planète, cherchent à alléger leur charge mentale (et physique!) pour quelques jours ou quelques semaines.

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Sur le terrain

La guerre en Ukraine, donc, depuis l’hiver dernier. Il nous fallait expliquer «autrement» ce mouvement des plaques tectoniques du Vieux-Continent qui se remodèle sans cesse entre la Russie et l’Occident. Cinq de nos reporters sont donc allés sur le terrain de ces grands remaniements stratégiques, pour porter la voix des habitants de la nouvelle zone frontière qui se dessine à l’orient de l’ancien bloc communiste de la guerre froide.

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Leurs témoignages, à lire toute cette semaine, sont poignants, émouvants, mais aussi portés par l’espoir d’un avenir où l’on enterrerait la hache de guerre. Pour tenter de se consacrer à une autre tâche: relever, mieux que nous ne le faisons actuellement, les énormes défis que pose le dérèglement climatique. Avec cette urgence de redéfinir tous nos modes de vie avant la moitié du XXIe siècle. Car que sera le monde en 2050? C’est exactement ce que tente de décrire, dans un exercice d’anticipation très documenté, une autre série d’été dont nous entamons la parution ce lundi.

Le cocon et l’enfer

Nous nous le sommes dit à la veille de cet été au Temps: faisons rêver, certes, faisons rire et voyager, mais n’oublions pas que tous les problèmes contemporains ne doivent pas être glissés comme poussière sous le tapis de l’indifférence: voilà pourquoi aussi, durant les six semaines à venir, nous proposerons à votre réflexion deux pages Débats quotidiennes ancrées dans les soucis incontournables de ce cocon planétaire où l’enfer menace sans cesse de s’immiscer. Par la faute des humains qui n’ont pas su, au cours des siècles, s’en occuper suffisamment bien pour qu’il demeure nourricier, pacifique et amène.

Bonne lecture et bon été!


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