Le ton a changé. Alors que les manœuvres russes autour de l’Ukraine alimentent les craintes d’une intervention militaire, les capitales européennes restent calmes. Faut-il y voir une forme de résignation face à l’inéluctable: la reprise de contrôle de Kiev par Moscou? Certains en Europe – à l’extrême droite en particulier – n’y verraient rien à redire. L’histoire, la culture, la langue, la religion seraient dans le camp de Poutine lorsqu’il parle de sphère russe comme d’un espace naturel. Cette compréhension des «intérêts russes», malmenés par l'«Occident», divise depuis trois décennies les Européens.