En Europe, lorsque l’on se rend dans un hôpital public pour consulter un médecin, on s’attend à recevoir des renseignements précis, étayés par des faits scientifiques. On s’attend aussi à ce que les effectifs soignants soient les détenteurs d’une formation et d’un agrément professionnels. Vous avez sans doute les mêmes attentes sur les campus universitaires, dans les établissements scolaires, les refuges pour les femmes risquant d’être les victimes de violences ou d’autres établissements administrés par l’Etat. Détrompez-vous! Dans un nouveau rapport, le site OpenDemocracy révèle que des femmes et des adolescentes font l’objet de «désinformations et de manipulations» à une échelle extraordinaire dans des «centres d’obstétrique et de gynécologie» (COGU) dans le monde entier.

Appuyés par de puissants militants américains étroitement liés à l’administration du président Donald Trump, et qui bien souvent ressemblent à s’y méprendre à des cliniques similaires, la plupart de ces centres se targuent de donner des «conseils» impartiaux aux femmes enceintes. En fait, les effectifs y ont pour mandat de dissuader les femmes de recourir à des services d’avortement légal et, dans certains cas, d’accéder aux moyens de contraception. Dans la première enquête de ce type, OpenDemocracy a dressé la carte des dépenses mondiales, des réseaux et des activités de deux groupes antiavortement influents des Etats-Unis, Heartbeat International et Human Life International. A eux deux, ces organismes ont dépensé 13 millions de dollars depuis 2007 pour financer des centaines d’organismes dans le monde entier.