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Dans les Alpes, les résidences secondaires ont affaibli les stations de ski.
© Jean-Christophe Bott / Keystone

Editorial

Et si la Lex Weber était arrivée trop tard?

Malgré les prévisions catastrophistes, la loi qui limite les résidences secondaires n’a pas engendré d’explosion du chômage. En revanche, ces bâtiments peu fréquentés ont affaibli remontées mécaniques et finances communales

«Catastrophique», «liberticide» ou «inapplicable». En mars 2012, les Valaisans ne trouvaient pas de mots assez forts pour pester contre la Lex Weber. En décidant de limiter les résidences secondaires à 20% du parc immobilier, les Suisses venaient de s’arroger le droit de leur dicter la gestion des Alpes. Dans les mois qui ont précédé ou qui ont suivi, des politiciens prédisaient entre 2000 et 4500 chômeurs supplémentaires dans le canton.

Lire à ce sujet: La crise des résidences secondaires étouffe la vallée d’Illiez 

Plus de cinq ans plus tard, l’apocalypse n’a pas encore eu lieu. Pour la première fois depuis 2011, le taux de chômage valaisan est inférieur à la moyenne nationale. Dans la construction, il a baissé de 15% entre juillet 2016 et juillet 2017. Après avoir achevé les projets autorisés dans la panique qui a précédé le vote, les entreprises concernées ont su trouver de nouveaux marchés, entre autres dans la plaine.

Les remontées mécaniques, en revanche, souffrent. A la fin de l’hiver 2016, en Suisse romande, seules trois sociétés étaient structurellement bénéficiaires. Les autres étaient déficitaires ou ne devaient leurs chiffres noirs qu’à l’aide des collectivités publiques. Ces prochaines semaines, les assemblées générales se succéderont, et plusieurs d’entre elles communiqueront de nouvelles difficultés.

Réchauffement climatique, désintérêt pour le ski, franc fort: les difficultés d’un secteur en crise sont dues à de multiples causes. Mais ces explications ne suffisent pas à occulter une vérité qui fait mal aux promoteurs immobiliers: trop peu fréquentées, les résidences secondaires affaiblissent à la fois les sociétés de remontées mécaniques et les finances communales.

Au début des années 2000, des études montraient déjà les faiblesses d’un modèle touristique fondé sur l’immobilier. L’Etat du Valais avait intégré ces analyses dans ses rapports, mais n’en avait pas tiré les conclusions nécessaires. En 2012, les ministres valaisans militaient contre la Lex Weber pour sauver maçons et menuisiers. Ils ne se rendaient pas compte qu’ils mettaient en danger les vrais acteurs du tourisme.

Aujourd’hui, même en Valais, beaucoup conviennent qu’il fallait freiner l’urbanisation des montagnes. Ils ajoutent souvent que la Lex Weber n’était pas la meilleure des solutions. Malgré tout, il aura fallu l’intervention d’un écologiste bâlois pour que de nouveaux modèles touristiques émergent dans les Alpes. Forcés à s’adapter, les Valaisans peuvent désormais transformer la défaite en victoire, et les vétustes résidences secondaires en nouveaux lits marchands. S’ils ne privilégient pas la réhabilitation du patrimoine existant, ils risquent d’affronter des friches touristiques.

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