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Revue de presse

L’exaspération monte contre les bagages «assis» sur les sièges dans les trains

Le lobby des voyageurs Pro Bahn a empoigné le problème ce lundi dans «20 Minuten». L’occasion, sur les réseaux, de pointer tous les autres problèmes liés aux CFF et les incivilités qui minent notre société moderne

Qui n’a jamais été agacé au plus haut point de ne pouvoir trouver une place assise dans nos rames CFF bondées aux heures de pointe, alors que des voyageurs sans vergogne et ignorants des autres occupent une voire plusieurs places assises avec leurs bagages, leurs vêtements ou d’autres objets? Le sujet paraît anodin ou digne d’un pays heureux qui n’a que ce genre de polémique à se mettre sous la dent, mais à constater le ton qui est monté dans le gratuit alémanique 20 Minuten ce lundi, il faut croire que le problème est plus grave qu’il n’en a l’air:

Reprenons depuis le début, avec son équivalent romand, 20 Minutes, et le site de news romand de Tamedia, qui publie le même article dans tous ses titres. Et imaginons – sans trop d’effort, il est vrai – un voyageur qui «demande poliment (ou pas) à un autre passager de retirer ses bagages du siège à côté de lui pour pouvoir s’asseoir. Celui-ci obtempère souvent, mais parfois râle, ne sachant pas ou placer son encombrante valise. Et le ton monte parfois.»

Et tout est dit, ou presque, montrant qu’un problème en cache souvent beaucoup d’autres. «Du coup, Karin Blättler, présidente de Pro Bahn Schweiz, l’association qui défend les intérêts des usagers des transports publics, en a marre. Elle exige […] que les contrôleurs et le personnel de sécurité sévissent davantage» contre les indélicats. «Et si ces mesures ne servent à rien, il faudrait songer alors à infliger des amendes, exige-t-elle.»

«Le règlement est clair», disent les CFF

Du côté des CFF, on n’est pourtant pas d’accord. «Car le règlement actuel est déjà clair. Il prévoit que chaque passager n’occupe qu’un seul siège avec son billet de transport. Et qu’il doit payer un billet à moitié prix s’il souhaite occuper une place avec ses bagages. Toute violation de ce règlement peut conduire à l’exclusion du train, voire à des demandes de dommages ou de suppléments.» Un de ses porte-parole «en appelle à la tolérance»: «Dans 95% des cas, les passagers libèrent les sièges sans problème, quand on le leur demande poliment.»

Poliment. Voilà peut-être la recette à suivre, surtout quand ceux qui s’étalent en surface vous fuient du regard, feignent d’être hyper-concentrés sur leur ordinateur ou leur smartphone, qui plus est avec des écouteurs sur les oreilles qui les isolent et les rendent sourds aux sollicitations du monde extérieur. Pour un lecteur de 20 Minutes, cependant, «quand on leur demande poliment», précisément, «si la place est libre, à tous les coups c’est avec nonchalance et même parfois en soupirant qu’ils s’exécutent», de mauvaise grâce, comme s’ils pensaient qu’il doit bien y avoir une place de libre ailleurs dans le train.

Où sont passés les porte-bagages?

Ces trois articles, à eux seuls, ont déclenché quelque 1500 commentaires, dont 98% viennent de Suisse alémanique. Mais la plupart d’entre eux se déchaînent d’abord contre les entreprises de transports publics elles-mêmes: «Totalement ridicule! Pro Bahn ferait mieux d’exiger des CFF qu’ils installent des porte-bagages en suffisance dans les trains, ce serait plus constructif plutôt que des amendes, alors que les CFF sont déjà les plus chers d’Europe.»

L’exaspération semble donc à son comble, d’autant plus que ce sont rarement des valises qui sont «coupables», mais «de simples sacs à dos qui pourraient […] être pris sur les genoux ou entre les jambes. Aucune raison d’occuper un siège avec ça! Où est le problème?» Ce problème, en fait, est sans doute plus général, tel que l’expriment les internautes alémaniques. Comme souvent dans ce genre de polémique liée à un contexte ou à un microcosme précis que les pendulaires n’ont pas forcément choisi, le bagage «anthropomorphisé assis sur un siège» ne subsiste plus qu’en tant que prétexte à d’autres râleries ou indignations diverses.

Contre, contre, contre…

Fureur contre celles et ceux qui occupent les places réservées aux personnes «à mobilité réduite». Contre ceux qui mettent les pieds sur la banquette d’en face. Sans enlever leurs chaussures. Contre ceux qui n’utilisent pas les poubelles pour leurs déchets. Ou mettent du papier dans le trou qui ne lui est pas réservé. Contre ceux qui monopolisent et/ou souillent les toilettes. Contre ceux qui écoutent de la musique et la partagent avec tout le monde. Contre ceux qui consomment du fast-food puant, et l’on en passe. Pire: contre ceux qui fument des cigarettes dans les rames, voire autre chose.

Un lecteur de la Tribune de Genève évoque, lui, ses souvenirs: «Tiens ça me rappelle un départ en train vers un cours de répétition avec paquetage complet donc! Je souhaiterais que les CFF m’expliquent comment caser ce barda. J’ai fini par le mettre par terre devant moi mais du coup, impossible au passager en face de moi de poser les pieds par terre. Sur les trains à deux étages, c’est possible (en bas), mais dans les rames standards, c’est n’importe quoi.»

Egoïsme, honte et impolitesse

On vit dans une société «égoïste», disent aussi les pourfendeurs des incivilités. Une société qui ne craint ni «la honte» ni «l’impolitesse». «Il leur faudrait une bonne guerre, à ces jeunes», prône un visiblement pas tout jeune. «Et de toute manière», écrit encore un autre internaute, «croyez-vous vraiment que les CFF vont lire les plus de 1400 commentaires qui escortent cet article?»

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