Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
PIRO4D/Pixabay.com

Du bout du lac

L’heure d’hiver, oui mais laquelle?

Vivre deux fois chaque minute, chaque seconde de la même heure une nuit par année donne quelques vertiges à notre chroniqueur

Il va nous arriver à tous une chose parfaitement anodine ce week-end: le passage à l’heure d’hiver. Un non-événement (sauf pour les vaches, d’accord) qui survient chaque année avec la parfaite régularité des non-événements. Dans la nuit de samedi à dimanche, à trois heures précises, nous reculerons nos aiguilles d’une heure, et il sera à nouveau deux heures. Nous aurons gagné une heure… la belle affaire.

Si vous avez eu la patience d’arriver jusqu’à ce deuxième paragraphe, vous ne le regretterez pas. Parce que ce non-événement ne l’est qu’en apparence. Dans la nuit de samedi à dimanche, vous avez rendez-vous avec vous-même. Oui Madame, oui Monsieur. Le passage à l’heure d’hiver est un carrefour. L’heure du choix, fût-il inconscient: cette heure supplémentaire, vous n’avez que deux manières de l’appréhender.

Vous pouvez la considérer comme le cadeau bonus dans une soirée qui dure. Dans la foulée des deux premières heures de la nuit, vous consommerez alors cette extra-happy hour sans la moindre modération, puisque vous l’effacerez d’un revers de pendule dès qu’elle sera terminée. Jouisseur, vous commanderez un dernier verre, peut-être quatre; vous proposerez une dernière danse, vous regarderez un troisième épisode de Narcos, même si on avait dit deux, pas plus.

Ou alors, vous ferez de ce petit rab de temps la première heure de la journée qui commence. Vous profiterez de ces soixante minutes gratuites pour construire, pour avancer. Une heure offerte avant l’aube pour composer une symphonie, sauver le monde, ou aider Luc Barthassat à financer sa plage, ce n’est pas rien. Si tout le monde s’y met, j’ai fait le calcul, l’humanité peut dégager 856 000 années d’efforts. Et comme dit le proverbe chinois, «on peut faire un tas de belles choses, en 856 000 ans».

Pourquoi choisir, me demanderez-vous, puisque le principe du passage à l’heure d’hiver est précisément de nous faire vivre deux fois la troisième heure de ce satané dimanche? Le 29 octobre, il sera deux fois 2h34 du matin, c’est un fait. Rien ne vous empêchera d’être un peu légers la première fois, et tout à fait sérieux la seconde, objecterez-vous.

Eh bien vous aurez tort. Parce que si vous deviez l’intéresser un jour, l’histoire choisira à votre place. Oui Madame, oui Monsieur. A la question: «Que faisiez-vous le dimanche 29 octobre 2017, à 2h34 du matin?» il n’y aura à tout jamais qu’une seule réponse, pas deux. C’est injuste, mais c’est comme ça. Alors faites le bon choix, et vite. Parce que dans cinq mois, on perd une heure, et le problème se complique…


Chronique précédente

Les robots, ça n’ose rien, c’est même à ça qu’on les reconnaît

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)