Jacques Melly avait certainement imaginé un dernier mandat politique plus calme. A dix-sept mois de la retraite, le conseiller d’Etat valaisan démocrate-chrétien se retrouve dans une situation difficile, attaqué de toute part depuis cet été et le départ fracassant de l’ancien chef du service cantonal de l’environnement Joël Rossier.

Pollution au mercure dans le Haut-Valais, constructions illicites de Verbier, chantier de l’autoroute A9, qui s’enlise, et – aujourd’hui – les dysfonctionnements au sein du Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement, dénoncés par Joël Rossier: on ne compte plus les crises, tous secteurs confondus, auxquelles a dû faire face le ministre depuis ses débuts au gouvernement cantonal en 2009.

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Un malheureux enchaînement de coïncidences? Certainement pas. S’il a certes hérité de dossiers compliqués, le traitement que leur a réservé Jacques Melly est aujourd’hui la principale cause de ses tourments. A commencer par ses errements en termes de communication, si primordiale en cas de crise. C’est assurément la plus grande lacune du ministre en place. Jamais dans l’action, toujours dans la réaction, Jacques Melly s’est trop souvent retrouvé dépassé. Il a eu de la peine à reprendre le contrôle.

Excédé par sa gestion de «l’affaire Rossier», qui dure depuis cinq mois, le Parti socialiste demande aujourd’hui la démission de l’élu. Or, quelle parade Jacques Melly offre-t-il face à ces pressions? Il répète que l’affaire «a pris une ampleur disproportionnée» et que le temps finira par lui donner raison.

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Dans une situation de crise comme celle-là, exposé tel qu’il l’est, un magistrat ne peut se permettre d’attendre. C’est intenable jusqu’au mois de mai 2021, date du terme de son mandat qui sonnera également la fin de sa carrière politique.

Si, comme il l’affirme, les milliers de documents liés à l’affaire Rossier sont une coquille vide, Jacques Melly doit réagir avec plus de fermeté. Si, au contraire, les critiques de l’ancien chef du Service de l’environnement sont avérées, le conseiller d’Etat devra alors songer à une prochaine démission. La balle est dans son camp.