Hexagone Express

L’histoire, ce bien commun entre la Suisse et la France

OPINION. L’enseignement de l’histoire forge les générations futures. Il permet aussi de faire face aux errements du passé. La France comme la Suisse en savent quelque chose. Un projet d’observatoire européen est sur la table, écrit notre correspondant à Paris, Richard Werly

Si le trophée du député européen modèle existait, Alain Lamassoure aurait pu se porter candidat. Elu au Parlement de Strasbourg presque sans interruption entre 1989 et 2019, cet ancien ministre arrivé en politique dans le sillage de Valéry Giscard d’Estaing fut, pendant ses trois dernières législatures, l’un des pivots de la délégation française du PPE, le parti conservateur dominant. L’on imagine combien, au fil des débats et des accès de nervosité entre Berne et Bruxelles, sa connaissance de la spécificité bilatérale helvétique a pu s’affiner. Sa visite au Palais fédéral, ces 5 et 6 novembre, présente donc un réel intérêt.

Pas question toutefois de replonger dans les arcanes institutionnels de l’hypothétique accord-cadre entre la Confédération et l’Union européenne. C’est du passé qu’Alain Lamassoure est venu parler à ses interlocuteurs, à commencer par le chef du Département fédéral des affaires étrangères, Ignazio Cassis, qui sera lui présent à Paris le 14 novembre pour défendre la candidature de la Suisse au conseil exécutif de l’Unesco. Objectif: rallier Berne au projet d’observatoire de l’enseignement de l’histoire qui sera défendu par la France, le 26 novembre, devant le Conseil de l’Europe (COE). Oubliées, ou plutôt remisées dans le placard, les bisbilles bilatérales avec la Commission et son président sortant, Jean-Claude Juncker. Il s’agit de parler d’avenir et de l’éducation des jeunes générations de citoyens européens, sujet d’une mission et d’un rapport dont Le Temps a eu connaissance en avant-première.