Ma semaine suisse

L’homme digital

OPINION. Le projet d’identité numérique du Conseil fédéral adopté cette semaine par le parlement est compatible avec l’approche européenne, écrit notre chroniqueur Yves Petignat. C’est un premier rempart contre les géants du Net. Mais rien n’est joué

Qui sommes-nous? Et qui confirme que nous sommes vraiment celui ou celle que nous pensons être? La question de l’identité numérique, qui a passionné mardi le Conseil des Etats, ne saurait se résumer à sécuriser ou à fluidifier les échanges électroniques entre les citoyens, les entreprises et l’administration. Une seule identité et un seul code pour accéder à tous les services, le rêve de tous les internautes. Cela va au-delà de la répartition des rôles entre l’Etat, contrôleur, et les partenaires privés, fournisseurs d’identifiants. Derrière ces enjeux sérieux, c’est l’offensive en règle des géants du numérique, les Facebook, Google, Amazon, qui se profile, avec leur prétention à remplacer l’Etat et ses services publics. Cette confrontation pour le pouvoir est déjà engagée. En cherchant à définir eux-mêmes l’identité des individus par leurs traces numériques, c’est en réalité une réduction digitale de l’être humain que l’on vise. L’individu ne serait plus qu’un document comme un autre.

Les cinq piliers de l’identité

Jusqu’ici, hormis quelques barbouzes, nous pensions n’avoir qu’une seule identité, celle attribuée à la naissance, nom, prénom, filiation, date et lieu de naissance, etc. Complétée par notre identité sociale, celle que nous construisons et maîtrisons plus ou moins: notre vie familiale, nos amitiés et relations, nos opinions politiques ou notre parcours professionnel.