Opinion

Le libéralisme et la question culturelle

OPINION. Que dit le libéralisme face aux combats intellectuels qui hantent le temps présent et qui ont largement survécu à la prétendue mort des idéologies, interroge l’historien Olivier Meuwly? Le libéralisme doit reconquérir ce terrain

Le libéralisme philosophique ne vit qu’à travers le débat et les controverses qui l’entourent depuis son «invention» au début du XIXe siècle. C’est ce qu’ont bien compris l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin et le conseiller national Philippe Nantermod, qui viennent de publier La Suite des idées (Favre, 2019). Occasion, pour les deux politiciens valaisans, de réfléchir «à quatre mains» sur les grandes questions du moment, sur la notion d’intérêt public à l’ère numérique ou la question européenne.

Leur ouvrage fort stimulant se concentre sur des domaines concrets et plaide pour un sain pragmatisme dans notre monde politique si troublé. Appel bienvenu car le libéralisme, s’il souhaite participer directement à la conduite des affaires, ne peut atteindre son objectif que s’il se confronte à ce réel que Hegel inscrivait dans un rapport dialectique avec le rationnel qui doit guider l’action politique. Oui, le libéralisme, dans son souci de tolérance, ne peut gouverner que dans le respect de la diversité politique inhérente à la démocratie.