Au début de la pandémie, nos démocraties furent frappées de sidération. Celle-ci s’explique notamment par le fait que le covid nous a rappelé une réalité perdue de vue grâce aux progrès de la médecine et à l’augmentation du niveau de vie: la fragilité humaine et la mort. Alors qu’elle semblait être sur le point d’être renversée par la science, la mort fit son retour douloureux, dans notre vie quotidienne. Tétanisée par cette confrontation avec sa propre vulnérabilité, une part non négligeable de la population en appela à l’Etat, qu’elle crut seul capable de faire face, à sa place. Ce réflexe révèle deux choses. Premièrement, une lassitude de la liberté, qui engendre un désir d’abandonner ses responsabilités et deuxièmement la croyance en l’existence d’un Etat capable – en échange d’un peu de souveraineté personnelle – de protéger les citoyens.