Après cinq séries de débats consacrés à la justice internationale, aux addictions, à l'Afrique, à la sécurité et au choc Russie-Ukraine, c'est au tour de Johan Rochel, spécialiste des questions d'éthique appliquées à la vie en société, de s'interroger avec ses invitées et invités sur les contours d'une utilisation responsable des technologies numériques.

Notre dossier: Quelle éthique pour un monde connecté?

Récemment, j’ai décidé de changer d’opérateur de téléphonie mobile. J’ai pu le faire en un instant, tard un soir, depuis mon ordinateur portable. Je n’ai pas eu besoin de passer dans une boutique ou à un guichet pour montrer ma carte d’identité, ni de signer un formulaire sur papier. Grâce à la technologie, l’algorithme de reconnaissance faciale automatique «voit» ma photo et l’outil de reconnaissance de texte «lit» les données de ma carte d’identité. C’est merveilleux, car en théorie je ne suis plus obligée de quitter mon canapé – ce qui me donne la liberté de faire les choses quand je le souhaite. C’est aussi un peu effrayant parce que, honnêtement, on ne sait pas vraiment comment cela fonctionne, où ces images sont envoyées et comment elles sont traitées et conservées. L’impression de liberté en prend un coup. En outre, le logiciel sous-jacent doit être fiable afin de correctement classer les visages et traiter le texte.