Le très faible intérêt des jeunes électeurs de 18 à 25 ans pour les questions politiques et leur faible participation aux urnes résultent-ils du manque de personnalisation de la politique suisse, de la complexité et de l'enchevêtrement du système helvétique ou du manque de connaissances civiques? L'étude ne tranche pas définitivement la question. Toutefois, «les résultats montrent que le faible intérêt pour la politique conduit à attendre une faible participation politique à l'âge adulte». Les résultats à la question de savoir si les jeunes ont l'intention d'aller voter une fois adultes placent la Suisse au dernier rang.

Or, les jeunes électeurs suisses sont particulièrement abstentionnistes. Selon une étude VOX de l'institut GfS de Berne, réalisée entre octobre 2002 et avril 2003, les jeunes de 18 à 29 ans sont deux fois moins nombreux à avoir l'intention de voter aux élections fédérales du 19 octobre que leurs aînés: 38% en moyenne pensent aller voter, contre 63% pour les plus de 70 ans, et 55% pour les 30-50 ans. La participation aux dix dernières votations fédérales confirme cette tendance.

Intérêt pour la politique internationale

Les jeunes électeurs, les moins de 22 ans, connaissent mal les dirigeants politiques, bien qu'ils soient plus sensibles à la personnalisation. Hormis Christiane Brunner, qu'ils ne sont que 9% à juger peu crédible contre 38% crédible, ils ont une appréciation plutôt négative pour Christoph Blocher et Ueli Maurer (38% les jugent peu crédibles, 33% crédibles). Mais les nouveaux électeurs sont très partagés, plutôt sensibles aux partis bien marqués à gauche ou à droite: 32% à gauche, 22% à droite chez les moins de 22 ans. C'est chez les jeunes que le centre fait le moins bon score: 27% contre 40% dès que l'on atteint 40 ans.

Enfin, et la remarque correspond au constat du plus fort intérêt des jeunes pour la politique internationale que pour le débat interne suisse, les questions de la guerre en Irak, de l'intégration européenne les préoccupent nettement plus que leurs aînés.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.