Donald Trump a mené sa première semaine de président des Etats-Unis au pas de charge. Omniprésent, il a su occuper le terrain sur presque tous les fronts. Son hyperactivité, sa frénésie ont de quoi donner le tournis. A peine un décret signé, à peine une déclaration fracassante formulée, qu’arrivent les suivants.

Sans perdre de temps, il a signé des décrets pour s’attaquer à l’Obamacare, retirer les Etats-Unis du Traité de libre-échange transpacifique, relancer les projets de deux oléoducs controversés, construire son mur avec le Mexique, fermer la porte aux ressortissants de certains pays musulmans, limiter l’accès à l’avortement. Il a, pêle-mêle, menacé le Mexique de taxer ses produits de 20% pour financer le mur, s’est fâché avec son président qui a annulé sa visite, a enjoint les constructeurs automobiles à créer davantage d’emplois sur sol américain, a évoqué l’idée de rouvrir des prisons secrètes de la CIA, en osant affirmer que la torture avait du bon.

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Sur Twitter, Donald Trump a continué à s’en prendre à ses détracteurs. Le président a critiqué les millions de femmes descendues dans la rue pour s’ériger contre ses valeurs et lancé une polémique sur l’affluence le jour de sa prestation de serment. Il a aussi fait déposer la marque «Keep America Great!» pour la présidentielle de 2020.

Donald Trump a donc réussi, sur le papier, à tenir la plupart de ses promesses de campagne, après un discours d’investiture aux relents populistes et protectionnistes, qui s’adressait avant tout à ses propres électeurs. Sans craindre la confrontation, il détricote, maille par maille, l’héritage Obama. Il semble même se complaire dans les critiques et s’en nourrir, pour alimenter son sentiment de toute-puissance.

L’attitude impulsive du président de la première puissance mondiale, qui frise parfois l’irrationalité et l’irrespect, a de quoi susciter les pires craintes. Bien décidé à ouvrir une nouvelle page américaine en tournant le dos au monde, Donald Trump veut bouger les fronts et provoquer un réajustement géopolitique. Il a déjà planté de premières banderilles.

Reste que la plupart de ses déclarations n’ont pas encore d’effets. Donald Trump pourrait faire face à des obstacles, qui empêcheront certaines de ses menaces de se transformer en actes. Il va devoir rapidement quitter son rôle d’épouvantail en chef, de roi du bluff et empereur des admonestations, pour se confronter à la réalité et complexité des relations internationales, qui ne se règlent pas à coups de messages de 140 signes ou de décrets.

Des décrets qui pour l’instant ont une valeur avant tout symbolique. Il suffit de se rappeler qu’un des premiers décrets signés par Barack Obama promettait la fermeture de la prison de Guantanamo. Une promesse qu’il n’a, en huit ans de mandat, pas su tenir.

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