Les retards de livraison ne resteront sans doute pas dans l’histoire de la plus grande campagne de vaccination de l’histoire mondiale. Ce, d’autant plus que lorsque la Suisse, l’Allemagne ou les Etats-Unis tempêtent pour quelques semaines de délais, d’autres pays attendent encore leurs premières doses.

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Les difficultés de recrutement que semble actuellement rencontrer Lonza sur son site de Viège sonnent toutefois comme un signal d’avertissement. Le producteur de la substance active du vaccin de Moderna ne peut pas l’ignorer.

Tout au soulagement de voir un acteur inattendu sauver la face de son industrie pharmaceutique, grande absente de la lutte contre le coronavirus, la Suisse n’a en effet peut-être pas pris la juste mesure du défi relevé par le sous-traitant pharmaceutique.

Il est vrai que la réactivité et l’agilité de cette société ont tout pour forcer l’admiration. La pandémie a couronné une stratégie de développement bien pensée qui a pour nœud gordien la commune valaisanne de Viège et ses quelque 7000 habitants. Avec ou sans coronavirus, le parc technologique modulaire ultramoderne de Lonza était destiné à devenir un luxueux hôtel, conçu pour accueillir les activités de fabrication des géants de la pharma et autres petites biotechs.

L’humain reste une ressource incontournable

Ce que nous rappellent les limites rencontrées par le sous-traitant, c’est que, malgré le mouvement d’automatisation de l’industrie, la production nécessite toujours des cerveaux et des bras. Du personnel qui ne s’obtient pas en un simple claquement de doigts. Et il n’est pas sûr que les charmes indéniables de la région de Viège suffisent pour attirer les forces vives nécessaires à Lonza, tant les besoins sont grands.

Rien qu’en 2021, 1200 nouveaux postes. Le chiffre a effectivement de quoi donner le tournis. Ces emplois ne sont de loin pas seulement destinés à produire le cœur du précieux vaccin à ARN messager car la société doit honorer bien d’autres contrats. Elle en annonce régulièrement de nouveaux.

Le retard de Lonza sera peut-être vite oublié car les goulets d’étranglement industriels sont monnaie courante. Pour éviter qu’ils ne se répètent, le groupe rhénan risque toutefois de devoir prioriser ses activités, voire d’en déployer certaines sur d’autres sites. C’est sa réputation de partenaire suisse fiable qui est en jeu.