Dans le concours des empires «humiliés», la Russie et la Chine font la course en tête pour revendiquer de nouveaux territoires au nom d’un passé revisité. Moscou est déjà en guerre. Pékin s’y prépare. Ils ne sont pas les seuls. La Turquie et l’Iran agitent aussi l’histoire pour restaurer leur glorieux passé, ottoman ou perse. Ankara fait monter la pression sur la Grèce et la Syrie. Quand est-ce qu’Erdogan réclamera à son tour la Crimée? Et puis il y a l’Inde, bientôt le pays le plus peuplé, dont les poussées de fièvre nationaliste s’intensifient au fil des ans. Dans un récent article, le chercheur indien Sushant Singh mettait en garde: «Le monde a ignoré le délire russe. Il ne devrait pas faire la même erreur avec l’Inde.»