Les aventures des insulaires britanniques avec le Brexit sont une expérience historique sans précédent: elles attestent de l’impossibilité de la séparation à l’amiable. On se gausse des gesticulations désespérées de Theresa May pour rassembler une majorité à Westminster en faveur de son accord négocié avec l’Union. On moque les tergiversations et retournements des députés aux Communes, les hésitations et calculs travaillistes aussi comiques que les palinodies des conservateurs. On finit par prendre les membres du parlement pour des individus loufoques incapables de penser aux intérêts primordiaux du Royaume-Uni. On en conclut que, livrées à pareille irresponsabilité, les institutions britanniques ne servent plus à rien. On a tort de se moquer.