Editorial

L’incendie grec doit être éteint d’urgence

Athènes brûle-t-elle? La réponse, avec la victoire annoncée du non au référendum de dimanche, est affirmative. Même si son objet n’était pas l’appartenance de la Grèce à l’Union européenne ou à la zone euro – mais les propositions de l’Eurogroupe du 25 juin –, tout, dans ce résultat, a valeur de séisme: l’ampleur du non; le vocabulaire de combat du premier ministre, Alexis Tsipras; et le fantôme d’une panique illustrée par la fermeture des banques et de la bourse helléniques.

Athènes brûle, oui, et le spectacle paradoxal des touristes européens, indolents, souriants d’être là, quelle que soit leur nationalité, dans ce pays accueillant, dans ces sites antiques, sous le soleil et sur les plages, ne doit pas faire oublier les risques encourus.

Incendie politique d’abord, dans une Grèce plus divisée que jamais, où la coalition de gauche radicale semble résolue à poursuivre sa dangereuse partie de poker visant à obtenir ce que Bruxelles continue de refuser: l’annulation pure et simple d’une partie de ses dettes, assortie d’un moratoire sur le paiement du reste. Incendie social, tant la combinaison de la crise, de l’austérité et des convulsions électorales placent les couches les plus faibles de la population, et la jeunesse hellénique, le dos au mur. Incendie financier, car l’actuel défaut de paiement, s’il perdure, risque de relancer les pires craintes sur la monnaie unique. Incendie communautaire enfin, car lorsque le chantage remplace la confiance, avec mensonges et promesses non tenues à l’appui, le pire ne peut jamais être écarté.

Et maintenant? La seule réponse possible, comme lors de tout départ d’incendie, est de se ruer en bon ordre pour l’éteindre. Le «trop peu, trop tard», plaie de l’UE, n’est plus tenable. L’économie et le peuple grecs ont besoin d’un horizon, et de vérité. Celle-ci ne doit plus être masquée par des conditions impossibles à remplir, des réformes qui patinent, et un calendrier de remboursements ou de recettes fiscales intenables.

Alexis Tsipras a pris le risque d’attiser les flammes en affirmant que des solutions existent, sans le démontrer. La franchise doit donc désormais faire partie du dispositif anti-incendie. Si la sortie d’Athènes de l’euro doit, pour l’avenir de la monnaie unique et la stabilité de cette zone monétaire, être le prix à payer pour stopper le sinistre contagieux rallumé par ce vote populaire, alors cela doit être dit, puis mis en œuvre. Il y a urgence.

Si la sortie de la Grèce de l’euro doit être le prix à payer pour stopper le sinistre, il faut le dire