«Comment osent-ils?» Difficile de ne pas tendre l’oreille, dans un train, lorsqu’une conversation commence avec ces mots pleins d’indignation. La curiosité est piquée, on flaire l’échange animé et on repère la source de l’interjection: deux dames d’un certain âge, distinguées. Elles s’indignent d’abord contre «les mesures sanitaires qui étouffent le citoyen au lieu de le sauver». Contre les machistes, ensuite, «qui pleurent la fin de leurs privilèges sans réaliser qu’ils ont prospéré toutes ces années grâce à un système profondément inégalitaire». Et, tiens, contre les rappeurs qui «salissent les femmes dans leurs chansons et ensuite parlent d’émancipation sur les plateaux télé».

Le bouquet de narcisses

La conversation est, on le voit, parsemée d’autant de sujets piquants que l’est un champ de narcisses au printemps. Mais le bouquet, le moment où le «comment ose-t-il?» tangue le plus entre incrédulité et exaspération est réservé à Pierre Maudet, enfant de Genève autrefois chéri et déchu depuis.