Jeudi, un porte-parole de l’armée chinoise déclarait: «L’«indépendance de Taïwan», c’est la guerre». Le lendemain, un éditorial du Global Times, relais médiatique du Parti communiste, ajoutait: «L’arc est armé, la flèche ne ratera pas sa cible.» Ou encore: «L’opinion publique chinoise évoque de plus en plus l’usage de la force pour imposer la réunification et la paix»…

L’alternance à la présidence des Etats-Unis est rituellement accompagnée dans les semaines qui suivent de provocations de la part de Pékin pour tester les intentions de la nouvelle administration. Cette année, trois jours ont suffi. Le week-end dernier, deux escadrilles, de 13 et 15 avions militaires dont des bombardiers, ont opéré des manœuvres à 150 kilomètres des côtes sud-ouest de Taïwan. Selon le renseignement taïwanais, qui a capté les échanges radio des pilotes chinois dont on peut supposer qu’ils sont restés audibles intentionnellement, il s’agissait d’un exercice de neutralisation d’un porte-avions américain. Cette cible fictive, le USS Theodore Roosevelt, voguait en réalité en mer de Chine du Sud. Le message de l’exercice est clair: pour le contrôle de Taïwan, Pékin est prêt à l’escalade, c’est-à-dire à une guerre avec les Etats-Unis.