Déboulonner les statues de personnalités sur les places publiques? Déguster un tartare de saumon sur son lit d’avocat? Exiger l’utilisation du langage épicène dans tous les documents de travail? S’installer dans son espace de coworking? Renommer les écoles, les rues et les théâtres? Voyager avec une compagnie low cost? Interdire la diffusion d’œuvres jugées racistes, sexistes ou dégradantes? Pratiquer le yoga, la méditation et la sophrologie? Réclamer l’interdiction de la circulation automobile dans les centres urbains? Etre en union libre? Demander la mise en place de commissions pour l’égalité dans chaque administration? Encourager la disparition de la viande dans les cafétérias? Diffuser les noms d’individus suspectés de harcèlement, de viol ou d’agression? Croire aux énergies positives, au pouvoir des pierres et à la sagesse des plantes? Féminiser certains panneaux de signalisation?

Affrontements entre le bien et le mal

Chacune de ces propositions est le reflet d’une idéologie qui ne dit pas son nom mais dont on connaît le visage. Certains parlent du postmodernisme, d’autres lui préfèrent le terme de poststructuralisme. Tous sont d’accord sur la nature de ce courant: l’expression d’une identité qui se veut plurielle dans sa considération mais singulière dans sa mise en scène, multiple dans ses revendications mais unique dans sa représentation, relative dans son être mais absolue dans son droit. Une idéologie qui rêve d’émancipation mais qui ne peut se concevoir qu’au travers du regard des autres. Une pensée qui souhaite dépasser les jugements mais qui s’étale sur les réseaux sociaux. Une opinion qui prétend à l’inclusivité mais qui ostracise ceux qui ne la partagent pas. Une politique qui se veut démocratique mais qui craint les colères populaires. Un jugement qui semble équitable mais qui repose sur des procès d’intention. Une justice qui se dit impartiale mais qui s’effectue hors des tribunaux.