Opinion

L’initiative «Multinationales responsables», une occasion en or pour le secteur aurifère

OPINION. En février, l’initiative populaire «Multinationales responsables» et le contre-projet seront examinés par la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats. Une occasion exceptionnelle pour obliger les entreprises à protéger les droits humains et l’environnement, explique Juliane Kippenberg de l'ONG Human Rights Watch

Dans les prochaines semaines, le Conseil des Etats doit répondre à une question importante: les entreprises suisses devraient-elles être tenues d‘introduire des mesures de protection des droits humains et de l’environnement dans leurs opérations au niveau mondial? Les entreprises s’approvisionnent souvent en matières premières et produits en provenance de pays lointains, ce qui engendre pour elles le risque de se retrouver impliquées dans des violations des droits humains. La chaîne d’approvisionnement de l’or en est un exemple: régulièrement, des atteintes aux droits humains dans le secteur aurifère sont révélées. Un rapport du gouvernement suisse a récemment confirmé que l’industrie minière aurifère pose des risques importants.

Dans mes investigations au Ghana, au Mali, en Tanzanie et aux Philippines, j’ai vu des enfants creuser dans des conditions extrêmement dangereuses pour extraire de l’or dans des mines informelles de petite échelle. Ils travaillent à proximité de puits menacés de s’effondrer et utilisent du mercure toxique pour extraire l’or brut du minerai. Certains souffrent de problèmes de santé; d’autres ont même trouvé la mort dans des accidents de mines. En Erythrée et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Human Rights Watch a documenté comment l’extraction aurifère industrielle est responsable pour des violations des droits humains telles que le travail forcé et le viol.