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Bureaux d’Autodesk à Neuchâtel, en 2013.
© Capture d'écran/Maps.google.com

Neuchâtel

Sur LinkedIn, le journal de bord touchant d’un employé d’Autodesk

Le groupe californien a annoncé la fermeture de son site neuchâtelois. Un salarié partage son quotidien, ses émotions sur le réseau social. Ces textes reçoivent un accueil chaleureux. «On se sent un peu moins seul», dit-il

«Hier, j’avais un jour de congé, quelle journée! 11 heures et 17 minutes, j’apprends via mon téléphone le clap de fin. Que puis-je faire?» Ce message a été publié par un salarié d’Autodesk sur le réseau social professionnel LinkedIn. Quelques jours après l’annonce de la fermeture du site de Neuchâtel, l’incompréhension est grande.

Lire aussi: Autodesk va quitter Neuchâtel

Nicolas Barras a décidé de tenir un journal de bord virtuel. Un exercice qui lui permet de partager ses émotions avec son «réseau». Chaque jour, il écrit ce qu’il pense, raconte des bribes de son quotidien au travail. «A mon niveau, j’avais envie d’être acteur de cette nouvelle en racontant ce que je vis et ce que je ressens. Derrière chaque humain, il y a une histoire et elle n’est jamais facile», confie-t-il au Temps.

Le déclic est venu au lendemain de l’annonce, lorsque le diariste est arrivé au bureau. Extrait du deuxième jour: «J’ai suivi la même route que je prends depuis plus de deux ans mais cette fois, elle avait une saveur différente: je me suis émerveillé de la beauté des paysages matinaux. Arrivé au travail, quel plaisir de revoir mes collègues. J’ai vu des sourires, des rires, des visages fermés, de la tristesse. Dans tous les regards croisés, j’ai vu cette combativité qui nous a permis d’atteindre des sommets.»

«Nous pensons à vous»

Une politesse, une douceur qui contrastent avec la violence de la situation. Plus de 200 emplois sont menacés chez le concepteur de logiciels de dessin assisté. Ne ressent-il pas de la colère? «J’ai le droit d’être triste et je le suis, mais je me dois d’être respectueux», répond Nicolas Barras.

Son histoire touche les internautes. Sa première publication a dépassé les 20 000 vues. Nombreux sont ceux qui expriment leur solidarité dans les commentaires. «Ça fait mal mais courage et bonne chance pour la suite. Nous pensons à vous», indique une utilisatrice de LinkedIn. Beaucoup se reconnaissent dans son récit. «Nous fermons le site de Medtronic juste au-dessus du vôtre. Nous comprenons votre situation et sommes de tout cœur avec vous», affirme l’un d’entre eux. «Désolé pour les personnes qui ont une famille. Je comprends. En 2009, ma copine a reçu son préavis, deux semaines après j’étais également licencié. Nous étions alors un couple sans emploi et sans revenus», peut-on encore lire sur son profil.

«Des petits mots, des petits gestes»

Sous une publication, une Américaine demande une traduction de son texte. Il lui résume la situation dans la langue de Shakespeare. La réponse ne se fait pas attendre. «Beaucoup de bonnes personnes dans les bureaux de Neuchâtel, dans lesquels je me suis rendue plusieurs fois», lui dit cette ancienne employée d’Autodesk.

Au début, ces nombreux messages de soutien ont surpris Nicolas Barras. «Je ne pensais pas avoir autant de retours, et ça fait énormément plaisir. Je me dis qu’il y a encore de la solidarité, par des petits mots, des petits gestes. On se sent un peu moins seul», confirme-t-il. Le salarié prend le temps de répondre à chaque commentaire. Il tient à remercier les internautes.

Que pensent ses collègues de sa démarche? Certains commentent ses publications et son initiative alimente les discussions près de la machine à café. «J’ai des retours de mes collègues, beaucoup sont contents, trouvent ça bien. Mais sans doute que des personnes n’aiment pas, peu importe», ajoute celui qui travaille à Autodesk depuis deux ans. Mais il tient à le rappeler: il n’est qu’un employé parmi d’autres. C’est toute une entreprise qui est plongée dans l’incertitude, avec des salariés qui ont «vraiment peur pour leur futur».

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