Le Conseil de sécurité de l’ONU a beau avoir adopté à l’unanimité mercredi une résolution exhortant tout pays à empêcher que des armes nucléaires, chimiques ou biologiques tombent dans les mains de terroristes. Ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Le désarmement à l’échelle mondiale est au point mort. Les grandes puissances modernisent leurs arsenaux nucléaires. La Corée du Nord joue les apprentis sorciers avec ses missiles balistiques et l’Iran est sur le point d’obtenir la bombe atomique.

Même le Conseil fédéral se refuse pour l’heure à signer et à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté par l’Assemblée générale de l’ONU en 2017. De plus – on le voit à Genève ces jours avec la conférence d’examen de la Convention sur les armes biologiques (CABT) –, les régimes de maîtrise des armements s’érodent de façon inquiétante. Ce sont pourtant des garde-fous essentiels pour protéger l’humanité de la folie nihiliste de l’être humain.

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Des refus à répétition

Les milliers de Syriens qui ont suffoqué, à partir de 2013, sous l’effet des armes chimiques utilisées par le dictateur Bachar el-Assad, mais aussi les empoisonnements à répétition aux agents neurotoxiques d’opposants au Kremlin, voire les menaces de Moscou de recourir à la bombe nucléaire tactique en Ukraine, suffisent à démontrer que la menace des armes de destruction massive n’a jamais été aussi présente. La disparition du traité, conclu par Reagan et Gorbatchev en 1987, sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, déchiré par Trump et violé par Moscou, a supprimé un précieux outil de contrôle des missiles de croisière détenus par les Etats-Unis et la Russie. Récemment, le refus russe de reprendre les inspections des stocks respectifs d’armes nucléaires stratégiques est particulièrement préoccupant.

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Même quand les tensions entre Moscou et Washington étaient fortes, les experts russes et américains continuaient de s’en tenir à la pierre angulaire du traité Start conclu par Obama et Medvedev en 2010, le régime de vérification mutuelle des arsenaux. Cette absence de transparence ouvre la porte à de sérieux dérapages. En Ukraine, l’utilisation d’armes chimiques ne peut être exclue. Enfin cet été à New York, le Traité sur la non-prolifération nucléaire a été encore davantage fragilisé par l’incapacité des Etats parties à s’entendre.

A Genève, la conférence d’examen de la CABT a très mal commencé. En vertu d’un obstructionnisme russe tous azimuts, elle risque d’être incapable d’établir un plan d’action pour ces cinq prochaines années et donc d’affaiblir le régime de contrôle des armes biologiques. Face à autant de menaces, il est temps que l’humanité se réveille et s’élève.