Masque ou pas masque? Test ou pas test? Vacances en France ou pas vacances? Quarantaine ou pas quarantaine? Et cætera. Si la pandémie provoque un effet secondaire indésirable, c’est bien celui de la rumination généralisée. Comme les décisions des autorités varient en fonction de la situation, impossible de faire des projets à moyen terme et d’avoir avec la réalité une relation stabilisée. A ce jeu de l’équilibre, les plus angoissés vivent des heures sombres et le sommeil est la première victime de ce rodéo logistique et émotionnel.

«Je dors mal» ou «je ne dors plus du tout» sont des phrases qui reviennent sans arrêt parmi mes ami·e·s et connaissances. Certains de ces insomniaques avalent de quoi provoquer le repos qui se dérobe, mais on sent bien qu’ils sont chiffonnés et que la chimie n’est qu’un pis-aller.

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Je ne suis pas une (immense) angoissée. Il y a pourtant une ressource qu’un thérapeute du stress m’a donnée pour lutter contre l’insomnie et qui marche à chaque fois. Ce n’est pas de la visualisation positive – le fameux petit chemin de montagne avec ruisseau bondissant. Ce n’est pas non plus de la détente du corps – le fameux parcours de débranchement orteil après orteil. C’est plus rapide et plus bluffant.

La respiration des enfants

Il s’agit simplement de respirer cinq fois par le ventre, très profondément, comme le font les enfants. Cette respiration ventrale, on la pratique tous jusqu’à nos 7 ans, mais allez savoir pourquoi, on l’abandonne en grandissant. Comme si les viscères, ça ne faisait pas très sérieux dans le paysage adulte et que le cerveau, c’était plus épatant. Le problème, c’est que, du coup, on respire haut, comme un petit chien, et notre angoisse en sort augmentée. Les yogis sont formels: la respiration ventrale a deux avantages. Elle procure un calme immédiat et stimule les organes internes, massés par le diaphragme qui descend quand le ventre se gonfle.

Le foot en famille

Lorsque, parfois, j’ai de la peine à me rendormir vers 3h du matin, je pratique cette respiration et c’est divin. Instantanément, je suis projetée dans mon enfance. Une fois, je me suis retrouvée à faire du foot avec mes frères. Une autre fois, je me suis vue dans un dortoir de colonie, un soir d’été, en train de chuchoter avec les copines après extinction des feux. Avec ces cinq respirations, l’insouciance surgit, allège les esprits et l’insomnie s’évanouit. Vous en doutez? Essayez!


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