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Leo Messi devant le tribunal avec son père, Jorge Horacio Messi, à Barcelone, lors d'une précédente audience, le 2 juin 2016.
© Pool

Revue de presse

Lionel Messi, enfin une star condamnée pour fraude fiscale

La presse espagnole se réjouit de la peine infligée à la star du Barça. Cela crée un précédent exemplaire dans la juridiction sur l’optimisation fiscale

L’attaquant du FC Barcelone Lionel Messi et son père, Jorge Horacio, ont donc été condamnés mercredi à 21 mois d’emprisonnement pour fraude fiscale en Espagne, où les footballeurs sont de plus en plus dans le collimateur du percepteur et de la justice. Le joueur a annoncé dans la foulée qu’il ferait appel devant le Tribunal suprême du pays. Mais c’est une peine que les deux hommes «ne purgeront pas», précise cependant la presse argentine, citée par Courrier international, alors que La Nación de Buenos Aires «décrit le père du joueur comme le cerveau des affaires du numéro 10» et que «le sportif lui-même avait confié à l’époque qu’il signait les yeux fermés tout ce que son père lui demandait».

Il y avait en fait soupçon de trois délits, indique le quotidien argentin, «liés à des recettes publicitaires que le joueur […] a touchées entre 2007 et 2009». A peine croyable, mais le meilleur footballeur du monde était «à deux doigts de terminer sa carrière en prison». Pendant… six ans, «terrifiante perspective»! Imaginons, comme le font Les Echos: «le FC Barcelone privé de son attaquant star, des fans perdus après avoir vu leur pépite incarcérée. En réalité, il n’en sera rien. Lionel Messi n’ira vraisemblablement pas en prison.» En Espagne, ces peines-là «sont généralement effectuées en probation».

La justice catalane a de fait «réduit à sept mois la peine liée à chacun des […] délits, alors que le minimum indiqué par le Code pénal est de deux ans par cas». Elle dit avoir «tenu compte de leur volonté de réparer leurs torts en versant les 4,1 millions d’euros qu’ils étaient accusés d’avoir dissimulé au fisc». Et puis, la loi «permet de suspendre l’exécution d’une peine d’emprisonnement si elle est inférieure à deux ans et que les prévenus n’ont pas d’antécédents pénaux, ce qui est le cas de Lionel Messi et de son père». Il ne leur reste qu'«à éviter tout nouveau problème avec le fisc […] durant la période d’application de la peine, ce qui les exposerait à une situation dramatique».

Dans les Panama Papers

Mais outre la peine de prison, ils «ont été condamnés à des amendes de 2,09 millions d’euros pour le fils et 1,6 million pour le père», poursuit La Nación. Or, en avril dernier, ils «avaient fait en sorte de régler leur différend […] en déboursant plus de 15 millions d’euros. Cette initiative leur permettait d’espérer des peines légères à l’issue du procès, sauf s’il était prouvé que les activités irrégulières» avaient continué. C’est d’ailleurs ce que supposait El Confidencial, d’après lequel une société panaméenne, Mega Star, «avait été créée par le joueur après 2013 pour continuer l’évasion fiscale».

Messi faisait «donc partie des personnalités impliquées dans le vaste scandale d’évasion fiscale lié à une société panaméenne et révélé par plus d’une centaine de médias internationaux». Mais «les documents fournis montraient seulement que les Messi étaient propriétaires de la société». «Le journal a depuis ajusté le tir» en changeant son titre, toujours selon Courrier international. Sans pour autant le disculper: «Leo Messi suit le bon chemin pour que sa carrière de fraudeur le rende aussi célèbre que celle de ses incroyables mérites sportifs», avait-il écrit.

La gaffe «a permis à l’entourage du joueur de menacer le journal de poursuites judiciaires. Après avoir insisté sur l’inactivité de la société, sans argent déposé ni comptes ouverts, les avocats de la famille ont nié que Mega Star ait été utilisée avec des buts illicites. L’entreprise ne figure […] pas dans la liste des sept sociétés fantômes que, d’après le fisc, les Messi ont utilisées pour cacher leurs revenus liés à des contrats publicitaires et d’exploitation d’image.» Alors, pour l’heure, La Vanguardia barcelonaise explique que «l’argument du tribunal pour condamner» Leo Messi «se base sur le principe de l’ignorance délibérée» des activités d'«optimisation fiscale» de son père au Royaume-Uni, en Suisse, au Bélize et en Uruguay.

A Madrid, El País soutient dans son commentaire que le hasard a voulu que «la cour de Barcelone et la Commission européenne aient pris deux décisions dans des domaines juridiques différents, qui aident à clarifier les exigences économiques et fiscales minimales que doivent suivre les footballeurs professionnels». Au-delà du cas de Messi, «Bruxelles a exigé le retour de la subvention illégale accordée au moyen de terrains immobiliers au Real Madrid» et est aussi intervenu dans d’autres affaires douteuses en Espagne.

Exploiter «la moquerie»

«La valeur de ces deux précédents est incalculable», selon l’éditorialiste. Dans le cas de Messi, le jugement «fait valoir que chaque contribuable est responsable de la gestion de son patrimoine et ne peut seulement prétendre avoir confiance en des gestionnaires qui, en réalité ne se conforment pas aux règles fiscales». Autrement dit, si cette ligne de défense avait convaincu le parquet, qui avait requis la relaxe du fils et la condamnation du père, le tribunal, lui, n’y a pas cru.

«Je passe mon temps à jouer au football, je fais confiance à mon père et je ne savais rien de tout cela», a dit la star argentine devant la cour. Mais cette dernière est «catégorique», précise El Mundo: «Le joueur a délibérément évité de prendre des informations sur ce qui était à portée de main.» Et il prétend également que le juge peut encore «ordonner une exécution réelle de la peine, pour l’exemple». Car «une personnalité publique qui commet des crimes fiscaux», ce peut être utilisé par les autorités judiciaires afin d’exploiter «la moquerie» qui en découlerait! D’ailleurs, cela fait déjà rire sur Twitter:

Par conséquent, «il est obscène, poursuit le journal, que le FC Barcelone se soit empressé, mercredi, de soutenir publiquement son fraudeur fiscal» et qu’il lui ait même «offert une aide juridique pour faire appel de la condamnation au Tribunal suprême». Et de rappeler au passage les déjà trop nombreux autres ennuis du Barça avec le fisc.


Le feuilleton…

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