Les négociations entre la communauté internationale et l’Iran ont mené à la fin d’une partie des sanctions qui ont pesé sur ce pays depuis des décennies. Le Département fédéral des affaires étrangères a organisé un sommet dans l’Arc lémanique puis offert le cadre pour un accord. Alors même que la Confédération se voyait défiée ces dernières années par d’autres pays et plateformes dans le cadre des négociations de paix, elle revient en force sur un des dossiers les plus brûlants de l’actualité internationale depuis la fin des années 70.

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La Suisse, avec ses bons offices, a créé le contexte favorable à la rencontre entre des Etats. C’est grâce à elle que les deux pays ont continué à se parler, notre ambassade représentant les intérêts américains à Téhéran afin que subsiste un point de contact. Grâce à elle qu’ont été organisés, avec la précision d’une mécanique horlogère, des pourparlers afin que ceux-ci ne s’enlisent jamais et finissent par aboutir. Voilà qui nous projette vers un avenir meilleur, vers davantage de stabilité dans le monde. Cela démontre qu’un petit pays a son rôle à jouer même si, dans le cas présent, il joue le rôle de facilitateur et ne peut pas prétendre à plus.

Le meilleur de la Suisse, ce sont aussi ses citoyens qui soutiennent les victimes de grandes catastrophes ou les plus pauvres dans le monde à travers la chaîne du bonheur, les associations ou simplement leur engagement personnel. A ce titre, la disparition de Jean-Noël Rey et de Georgie Lamon, assassinés par les terroristes islamistes à Ouagadougou, démontre s’il le fallait encore la générosité d’un pays toujours prêt à s’engager pour de belles causes.

Notre engagement international est donc le fait d’une politique, mais aussi d’individus. Cette capacité d’allier l’autorité du public et la force de proposition du privé, c’est ce qui caractérise le World Economic Forum qui s’apprête à réunir cette semaine à Davos plus de 40 chefs d’Etat et des centaines de dirigeants de multinationales. C’est la plus grande opération de relations internationales de la Suisse qui se déroule pour la 46e année consécutive dans les Grisons.

Les défis auxquels le monde se trouve confronté sont désormais si interdépendants que chacun doit s’engager à son niveau. Ce qui peut mettre à distance ceux qui ne souhaitent pas prendre part à cette complexité et – ne croyant plus aux élites – préfèrent adopter une position de retranchement. En ce sens, l’UDC a été précurseur en Europe en devenant le premier parti d’un pays tout en séduisant l’état d’esprit fragmenté de l’électorat contestataire, capté ailleurs par d’autres souverainistes, parfois à l’extrême gauche. Quand, vendredi dernier, le leader de l’UDC Christoph Blocher a expliqué à ses troupes que la Suisse sombrait doucement dans la dictature à cause de l’influence de la politique internationale, il ne faisait qu’exacerber ce besoin de géographie intérieure.

Un des défis des hommes de bonne volonté sera désormais, non seulement de continuer à oeuvrer pour le bien commun, mais en plus de justifier leur action auprès d’une population parfois sans repères et qui confond politique internationale et chaos.