Le lithium, surtout en Amérique latine
Environ 70 à 80% des ressources globales en lithium se trouvent au-dessous des plaines salées de l’Argentine, de la Bolivie et du Chili. La Bolivie, possédant la plus grande réserve mondiale de lithium, est toujours en train d’industrialiser ses mines de lithium, tandis que le Chili et l’Argentine sont respectivement les deuxième et troisième pays producteurs du monde. Les ressources situées en Amérique latine joueront un rôle crucial pour répondre à la demande globale prévue des batteries Li-ion, bien qu’à l’heure actuelle l’Australie et la Chine soient également des pays producteurs de premier plan.
L’extraction de lithium dans l’Altiplano andin rencontre toutefois de nombreux problèmes graves. Une préoccupation majeure réside dans la quantité d’eau nécessaire au procédé d’extraction. Ce dernier se fait de plus dans des régions extrêmement arides et dans lesquelles un grand nombre de personnes dépendent, pour leurs activités agropastorales et, par conséquent, pour leur revenu, d’écosystèmes très vulnérables.
L’industrialisation de l’extraction de lithium mène également à la pollution et à l’introduction de produits chimiques dans les systèmes hydrauliques, ainsi qu’à la destruction de grandes surfaces de terre dans des plaines de sel, détériorant son paysage unique. En général, ces pays peinent de plus dans l’implémentation de lois environnementales et dans la qualité de leurs études environnementales.
Les communautés «indigènes», résidant autour des zones d’extraction et ayant un passé d’esclavage brutal dans les mines coloniales, sont fréquemment écartées des consultations sur les activités minières. Ce déséquilibre a ainsi déjà enflammé des conflits sociaux entre les populations locales et les agents d’extraction en Argentine et en Bolivie.
Le cobalt et l’Afrique
La République démocratique du Congo (RDC), un des pays les moins développés du monde, détient près de la moitié des ressources globales en cobalt et représente 60% de la production mondiale. La réglementation de cette industrie est pourtant pratiquement inexistante en RDC, un pays où les institutions sont toujours très faibles, en grande partie à cause de son histoire d’exploitation étrangère depuis la période coloniale.
Avec l’augmentation de la demande, l’extraction du cobalt se fait de plus en plus dans des mines artisanales congolaises, dans des conditions souvent déplorables. Généralement, des travailleurs – y compris des enfants – creusent avec un équipement de base dans des tunnels dangereux. Alors que le risque mortel d’effondrement est permanent, ils gagnent à peine assez pour se nourrir.
Le cobalt pourrait de manière inquiétante devenir une source de revenu importante pour des groupes armés, avec pour effet possible de créer de nouveaux conflits dans le pays.
Vers une économie verte?
Le besoin en batteries Li-ion cristallise une vraie contradiction: bien que ces batteries puissent être essentielles aux technologies plus durables et à l’abandon des énergies fossiles à l’origine de nombreux conflits armés et socio-économiques, elles pourraient également nous rendre dépendants de chaînes d’approvisionnement tout aussi instables et inégales que celles que l’on désire éviter.
Etant donné la difficulté qui existe à tracer l’origine exacte des matières premières utilisées, souvent, les entreprises peuvent contourner leur responsabilité publique. L’intérêt des consommateurs pour la chaîne de fabrication de nos produits électroniques peut ainsi inciter les sociétés d’électronique et de véhicules électriques à adopter des règlements plus stricts concernant la transparence des chaînes d’approvisionnement. Il est encourageant d’observer que quelques sociétés d’électronique et de véhicules électriques investissent dans la recherche afin de trouver des alternatives au cobalt pour la fabrication de leurs batteries.