En matière de vaccination, les différences entre pays sont devenues spectaculaires. Des dizaines de pays pauvres n’ont pas encore reçu la moindre fiole magique alors qu’Israël est sur le point d’atteindre le seuil d’immunité collective. En Europe, les pays de l’Union européenne n’ont pas assez de doses pour mener une campagne massive de vaccination alors qu’en Grande-Bretagne on vaccine 7 jours sur 7. Evidemment, c’est une question d’argent, mais pas seulement. Parmi les pays développés, certains ont compris très tôt comment marche la recherche sur les vaccins, d’autres pas. Le problème central, c’est le décalage entre le risque de ne pas trouver la bonne formule et les coûts, énormes, à engager. Il ne suffit pas seulement de trouver un vaccin, mais il faut le tester sur des très larges échantillons, déterminer le bon dosage et soumettre aux autorités compétentes des rapports très détaillés.

Dépenser des sommes considérables avec des chances limitées de succès n’est pas très attrayant. C’est pour cela que l’industrie des vaccins, et plus largement celle des médicaments, a évolué vers un modèle particulier et souvent méconnu. Avez-vous remarqué que les grandes sociétés pharmaceutiques ne sont pas dans le coup? Si l’on parle de Pfizer, on y accole une petite entreprise allemande largement inconnue, BioNTech, tout comme on adjoint l’Université d’Oxford à AstraZeneca. Moderna n’était, jusqu'à récemment, qu'une start-up en quête de succès.