éditorial

L’objectif perdu de vue de Genève 2

Cette semaine écoulée, Genève 2 a ressemblé à un exercice obligé, où chacun reste à table parce qu’il sait que le premier à la quitter endossera l’échec de la conférence. Les parrains de la conférence, Etats-Unis et Russie, devront peser de tout leur poids pour que le deuxième acte, prévu le 10 février, ne tourne pas lui aussi à vide

Editorial

L’objectif perdu de vue de Genève 2

Il sera impossible aux protagonistes de la conférence Genève 2 sur la Syrie d’échapper au bilan, alors que le rideau s’apprête à tomber sur son premier acte, ce vendredi. Il est chétif à en faire peur. Nul ne s’attendait, évidemment, à ce qu’émerge de ce tour de piste préliminaire une thérapie définitive pour la Syrie. Et beaucoup sont confortés d’avoir vu les représentants du régime et de l’opposition capables de s’asseoir dans une même salle.

Mais cette proximité de circonstance et les multiples séances de discussions n’ont remédié en rien au fossé béant qui sépare, autant qu’au premier jour, les deux délégations. Aucune des «mesures de confiance» posées sur la table par Lakhdar Brahimi, le médiateur de la Ligue arabe et de l’ONU, n’a abouti. Pas même la plus abordable d’entre elles, qui aurait pu permettre l’acheminement de vivres aux 500 familles agonisantes de la vieille ville de Homs.

Quant au vif du sujet, l’établissement d’une autorité de transition disposant des pleins pouvoirs, tel que stipulé par Ban Ki-moon dans ses invitations, il n’a pour ainsi dire pas été effleuré. S’ils répètent qu’ils sont prêts à parler de tout, en pratique les négociateurs de Damas s’y refusent catégoriquement pour noyer les échanges sous leur propagande antiterroriste. L’opposition, de son côté, a relativement bien joué sa carte. Elle a gagné en légitimité en apparaissant à la tribune des Nations unies, et en crédibilité en projetant d’elle l’image d’une unité qui lui avait jusque-là fait défaut. Maigre acquis. Cette semaine écoulée, Genève 2 a ressemblé à un exercice obligé, où chacun ne reste à table que parce qu’il sait que le premier à la quitter endossera l’échec de la conférence.

Dans ce théâtre, les uns se parlent sans entendre les autres, et tous semblent avoir perdu de vue l’impératif assigné à Genève 2: «Parvenir à la paix, de toute urgence.» Ses parrains, Etats-Unis et Russie, devront peser de tout leur poids pour que le deuxième acte, prévu le 10 février, ne tourne pas lui aussi à vide.

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