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Des vagues de fumée suite à une attaque aérienne signalée par les forces du gouvernement syrien dans les régions rebelles du district de Jobar à Damas, le 9 août 2017.  
© AMMAR SULEIMAN

Editorial

L'obligation de lutter contre l'impunité en Syrie

Au vu du désespoir des victimes du régime de Bachar el-Assad, il est évident que la justice est trop lente. Mais le mécanisme d’enquête qui voit le jour à Genève devrait néanmoins aider les juridictions européennes à juger les graves crimes commis en Syrie. Pour la dignité de ceux qui sont tombés ou qui ont été torturés par le pouvoir syrien

Il est toujours tentant d’applaudir quelqu’un qui ébranle la somnolente justice internationale. En dénonçant l’insupportable impunité des crimes commis en Syrie, l’ex-procureure du Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, ne peut que s’attirer la sympathie de ceux qui voient dans le conflit syrien l’une des tragédies qui va marquer le XXIe siècle. La Tessinoise, qui ne veut pas être l’alibi de la communauté internationale rétive à agir, semble dire que la dizaine de rapports de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie n’ont servi à rien. Ils constitueront pourtant un matériel essentiel lors de procès futurs. Mais à voir le désespoir des victimes du dictateur syrien Bachar el-Assad, qui ne voient aucune justice à l’horizon, elle a raison de faire remarquer que tout avance trop lentement. Cependant, la justice ne peut s’affranchir d’un contexte politique international délétère marqué notamment par le refus catégorique de Moscou de saisir la Cour pénale internationale.

Lire aussi: L’inutile coup de gueule de Carla Del Ponte

Le coup de gueule et la démission de Carla Del Ponte de la Commission d’enquête serviront de piqûre de rappel: après l’euphorie des années 1990, la justice pénale internationale est en grande difficulté. Récemment, une plainte pénale a été déposée devant la justice espagnole par le collectif Guernica 37 au nom de la sœur d’une victime de la torture pratiquée par le régime syrien. Mais on vient de l’apprendre: Madrid n’a pas jugé bon d’instruire le cas.

Avec une diaspora syrienne qui recense en son sein des responsables des crimes commis en Syrie et des victimes de ces derniers, les juridictions nationales européennes ont un rôle majeur à jouer. A ce titre, le Mécanisme international, impartial et indépendant qui entame ses travaux à Genève, n’est pas voué à l’inefficacité faute de volonté politique, comme le martèle Carla Del Ponte. Il devrait au contraire fournir les preuves nécessaires aux justices européennes. Mais pour qu’il soit performant, sa responsable, Catherine Marchi-Uhel devra le doter de personnalités fortes. De procureurs aptes à constituer des dossiers selon les meilleures pratiques de la justice pénale. La lutte contre l’impunité n’est pas une option. C’est une obligation morale pour la dignité des victimes et pour la reconstruction future de la Syrie. Car sans justice, les germes des futurs conflits sont déjà semés.

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