Lorsque le 9 juin, Vladimir Poutine s’est rendu à une exposition à Moscou organisée à l’occasion du 350e anniversaire du tsar Pierre le Grand, il en a profité pour s’entretenir avec de jeunes entrepreneurs de Moscou. Ses propos, diffusés le même jour sur une chaîne de télévision russe, constituent la suite logique de son discours du 21 février, dans lequel il affirmait que l’Etat ukrainien était une création de Lénine, et donc un Etat artificiel. Ce que Poutine défendait, à la veille de l’invasion de l’Ukraine, c’est le modèle d’une Russie impériale. Et c’est ce qu’il a fait de façon encore plus explicite devant les jeunes entrepreneurs trois mois plus tard. Certes, il a toujours dit que la chute de l’URSS fut une catastrophe. Toutefois, ce n’est pas le régime politique soviétique qu’il regrette, mais la grandeur territoriale. En effet, Finlande et Pologne exceptées, les frontières de l’URSS d’après 1945 étaient celles de l’Empire russe à la veille des révolutions de 1917, puisque l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, indépendantes durant l’entre-deux-guerres, furent intégrées à l’URSS durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme la Moldavie, unie à la Roumanie durant l’entre-deux-guerres.