Encore un sujet qui fâche! La semaine dernière, j’évoquais dans cette chronique les difficultés politiques rencontrées par l’accord institutionnel que la Suisse tracte péniblement avec l’Union européenne. Aujourd’hui, il s’agit d’aborder le scrutin du 19 mai concernant la révision de la loi sur les armes, que nous impose notre participation aux Accords de Schengen, dont nous nous sommes engagés à adopter les développements légaux. Comme pour l’accord-cadre, les partis politiques sont peu enthousiastes concernant cette loi. Comme je l’écrivais il y a un an déjà (LT du 06.04.2018), la consultation les a montrés très divisés: le PS, les Verts et les Vert’libéraux exigeaient un durcissement du projet. Le PDC et le PLR l’approuvaient tout en déplorant un excès de bureaucratie, en soulignant que la base légale helvétique actuelle suffisait à répondre aux exigences de l’UE. Enfin, l’UDC rejetait un texte jugé à la fois inutile, dispendieux et liberticide.

La Suisse fonctionne parfaitement bien

L’objectif de mieux combattre le terrorisme n’est pas atteint puisque la révision touche quelques utilisateurs lambda auxquels elle pose des encoubles, supportables mais inutiles, sans atteindre en quoi que ce soit les malfrats de tout acabit. Pourtant, les partis recommandent le oui pour sauver Schengen, de la même façon qu’ils soutiennent l’accord-cadre pour sauver les bilatérales. Pourtant, dans les deux cas, la Suisse fonctionne parfaitement bien sans ces révisions législatives: d’une part, le marché du travail est sain, le chômage faible, les salaires stables; d’autre part, les utilisateurs d’armes sont sages, il n’y a pratiquement aucun accident de sport et les couteaux font actuellement plus de mal que les armes à feu en matière de délinquance.